En attendant le Festival d’Avignon… Épisode 1

Ou comment se révèle la programmation de la prochaine édition : le cru 2019
J’en rêve, vous en rêvez… ou pas… soyez sereins, vous en avez le droit… êtes-vous impatients comme moi… ou si peu… ou tout simplement pas ?
Eh bien oui, je l’avoue, à chaque année son mystère, à chaque édition son attente, son improbabilité, son envie rêvée ou désespérée… n’oublions pas les suppositions, les conjonctions, les coordinations… oublions de hausser le ton, et sans le varier, laissons le rêve se dessiner et la magie opérer.


Avant que d’invoquer quelques dieux oubliés, incas, mayas… que sais-je encore et qui sait, en cherchant bien, d’autres dieux venant d’autres contrées, on peut tout simplement se fier à de petits indices… Les premiers étant les rendez-vous mensuels que la direction du Festival d’Avignon propose au public à la FabricA.

Depuis le mois d’octobre, « L’Odyssée », version 2019, thème choisi et annoncé par Olivier Py lors du bilan de l’été dernier, se dévoile tout doucement en régulières rencontres, et le public en est friand…


Pascal Rambert

En octobre, le bal s’est ouvert sur un artiste qui a su charmer plusieurs directions du Festival d’Avignon, l’auteur et metteur en scène, et parfois réalisateur, et même chorégraphe, Pascal Rambert.

Invité par Alain Crombecque en 1989, il n’a que 27 ans quand il propose, lors de la 43ème édition du Festival : « Les Parisiens ou l’Eté de la mémoire des abeilles », une pièce qu’il reprend dans la foulée au Théâtre de la Commune à Aubervilliers, avec au cœur de sa distribution, un certain Olivier Py !

En l’an 2000 c’est au tour de Bernard Faivre d’Arcier de l’accueillir avec « L’Epopée de Gilgamesh » de Sin-Lege-Unninni. 2005 sonne le glas avec le scandale d’«After Before », pièce pour vingt et un acteurs et un chien au Gymnase Aubanel… René Solis pour le journal Libération titre : « After/Before, scénario catastrophe, crash public », en bref une création très attendue qui ne séduit pas le public, loin de là. Les spectateurs, après s’être arrachés les billets sur le parvis, laissent déborder leur colère, et offrent à Pascal Rambert une véritable bronca.

« Clôture de l’Amour », un succès mondial

En 2011, Pascal Rambert revient à l’invitation d’Hortense Archambault et Vincent Baudriller, et c’est un succès éclatant ! Les éditions se suivent mais ne se ressemblent pas. L’artiste présente au Festival un long poème d’amour adressé à la cité, intitulé « Avignon à vie », et c’est le sociétaire de la Comédie Française, Denis Podalydès, qui le porte dans la Cour d’Honneur du Palais des Papes. Et puis, et surtout, il y a son chef d’œuvre absolu : « Clôture de l’Amour », avec les comédiens Audrey Bonnet et Stanislas Nordey… Le spectacle s’exporte aux quatre coins du monde, se traduit en mille et une langues, se joue en autant de dialectes, un succès au long cours qui se donne encore et toujours.

« Architecture »… Jacques Weber, Emmanuelle Béart, Denis Podalydès… un casting de rêve…

Cet été, Pascal Rambert répond à l’invitation d’Olivier Py, l’actuel directeur du Festival, et propose : « Architecture », un « memento mori pour penser notre temps », une pièce écrite sur mesure pour distribution inespérée, en résumé… un casting de rêve…

Attardons-nous d’abord sur le sujet et laissons parler l’intéressé : « C’est l’histoire d’une grande famille, à la tête de laquelle est Jacques Weber. Ca débute à peu près au début du siècle, vers 1910, et ça va jusqu’à la première guerre mondiale, et ça continue ensuite jusqu’à l’Anchluss… Une famille face à l’histoire. C’est une famille assez brillante, un peu à l’image des acteurs pour lesquels j’ai écrit (…). C’est une pièce qui parle à la fois de l’enfer de la famille, mais aussi de l’enfer de la famille européenne, ou de ce qu’elle a pu imaginer être, et qui a un moment donné s’est effondrée sur elle-même. Ce sont des choses qui sont assez proches de ce que l’on ressent, au niveau de l’intuition, mais aussi au niveau du quotidien que l’on créé, de ce que l’on vit ensemble… »

Au sein de cette famille, incarnée par d’exceptionnels acteurs : Jacques Weber, Arthur Nauzyciel, Stanislas Nordey, Denis Podalydès, Pascal Rénéric, Laurent Poitrenaux et de merveilleuses actrices : Marina Hands, Audrey Bonnet, Emmanuelle Béart, Marie-Sophie Ferdane… oui, tous les talents sont bien présents. Ils ou elles peuvent être compositeur, architecte, philosophe, écrivain scientifique, acteur, peintre… Tous pensent que l’on peut consacrer sa vie à la pensée et à la beauté, et surtout que cela fait encore sens. Et Pascal Rambert de s’interroger : « Si eux, les plus talentueux des talentueux, n’ont pu empêcher le sang, comment feront-nous si le sang se présente à nouveau ? ».

Je le dis sans ambages, j’attends de pied ferme cette création qui se jouera a priori en début de Festival. La distribution est splendide, le grand public devrait s’y retrouver, tout comme les férus de théâtre. Je sens que les billets vont s’arracher dès l’ouverture, il va falloir jouer des coudes pour « en être » et/ou en découdre… La bonne nouvelle c’est que la pièce se donne à la FabricA, une salle à l’extérieur des remparts qui permet d’accueillir 600 personnes… Après, tout dépendra, bien sûr, du nombre de dates… mais on y croit !


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