Le jour où j’ai rencontré Marc Chagall…

Comment ai-je rencontré le peintre Marc Chagall ?
Oui c’est une vraie question ! Évidemment cette interrogation se porte sur son œuvre, son geste, sa posture… Mais ma question va plus loin, sincèrement, vous souvenez-vous de votre première rencontre avec un artiste ? Il m’est évident que j’ai rencontré Marc Chagall, à travers son œuvre s’entend, un jour d’été à la Fondation Maeght à Saint Paul de Vence.


C’est le premier souvenir que j’en ai…

Des vacances délicieuses à Grimaud, charmant village du Var, des années durant, chez des amis artistes, et ce pèlerinage, tel un rituel, en terre de couleurs à Saint Paul de Vence… C’est ainsi que j’ai découvert un lieu, un jardin, une galerie. Oui, à chaque année, son exposition, sa « visitation », et toujours ce sentiment d’être au plus près de la nature et des artistes qui s’en inspirent, un temps suspendu, une sérénité aimée.

Dès la première visite, à peine l’entrée passée, j’ai comme été happée par cet espace merveilleux et singulier… Douce alchimie de matière et de verdure, la Fondation Maeght a toujours été un berceau pour moi, un cocon de maturation, une façon d’envisager l’art différemment… Mais pourquoi essayer de mettre des mots sur les contours d’une oeuvre, tandis que l’on aimerait chimériquement envoyer au monde entier des courbes de poésie et une vibration artistique douce et hors du temps, qui souligne si joliment une expression.


Chagall : mon premier souvenir

Mon premier souvenir de Chagall, c’est assurément l’immense mosaïque que l’on peut voir au détour de l’escalier qui mène à la chapelle Saint Bernard. Là sur le mur de la Fondation s’inscrit l’une de ses oeuvres « Les Amoureux », avec ce vert toujours omniprésent… J’ai appris plus tard qu’il s’agissait de la première mosaïque de l’artiste. L’ ouvrage représente Marguerite et Aimé Maeght accueillant leurs visiteurs.

Un tableau majeur de 1964 reste en principe à demeure. « La Vie », une grande huile sur toile se décline en divers thèmes comme l’amour, la religion, la musique, la maternité… De multiples personnages nourrissent notre curiosité, comme le violoniste au visage vert, une mariée et son époux, et son enfant, des acrobates, une funambule et sa petite ombrelle, un Paris tout de bleu vêtu… Autant de mini scènes qui nous interpellent. Sont-elles rêvées, sont-elles réelles ?

La première vraie rencontre avec Marc Chagall

Sauf que mon premier véritable rendez-vous, il s’est fait il y a bien longtemps, à mon insu. Quand j’étais toute petite, je rêvais de devenir un petit rat de l’Opéra… Vous me suivez. Je crois que c’était un soir de « Lac des Cygnes », sur scène il y avait mille et une plumes mais aussi l’idole de ma maman, Rudolf Noureev… Mais revenons au poète de la couleur et l’empreinte qu’il a laissé sur le plafond de la majestueuse maison parisienne.


Le fameux plafond de Marc Chagall et son décryptage

Marc Chagall - Plafond de l'Opéra Garnier C’est en 1962, à la demande du ministre de la culture, André Malraux, que Marc Chagall, fin mélomane, accepte de réaliser des fresques pour le plafond de l’Opéra Garnier sur une superficie totale de 220 m². À noter que Malraux est un ami et un grand admirateur du peintre. Un « chantier » artistique qui va durer un an, pour un artiste qui en a 77… Un bel exploit que l’on dit désintéressé. Car Marc Chagall n’a jamais souhaité percevoir d’argent pour cette œuvre pérenne au beau milieu des ors et du velours rouge d’une salle mythique qui recèle les trésors de son art.

Inauguré en 1964

« Il y a deux ans, monsieur André Malraux me proposait de peindre un nouveau plafond de l’Opéra de Paris. J’étais troublé, touché, ému… Je doutais jour et nuit. » Ce plafond s’avère être un merveilleux hommage aux beaux ouvrages de 14 compositeurs de musique lyrique…

Mais détaillons la chose…

Marc Chagall s’en va réaliser une cinquantaine d’esquisses usant de multiples techniques, crayon, gouache, encre, feutre et jusqu’aux collages, rien ne lui résiste. Mais rien ne se fera seul. À ses côtés, trois peintres l’assistent : Roland Bierge, Jules Paschal et Paul Versteeg. Chagall définit l’espace autour de cinq compartiments, comme autant de tonalités.

Le rouge s’ouvre à Ravel ou à Stravinski. Le vert dessert Wagner et son Tristan et Isolde, mais aussi le Roméo et Juliette de Berlioz. Au bleu, apparaissent Moussorgski, Boris Godounov et la Flûte enchantée du sieur Mozart. Le Blanc s’offre à Debussy et Rameau. Quant au jaune, il est dédié à Tchaïkovski et Adolphe Adam (le compositeur du ballet Giselle ou encore d’un cantique de Noël connu sous le nom de « Minuit, chrétiens » !).

Ce plafond est aussi un merveilleux hommage à Paris avec sa Tour Eiffel, son Arc de Triomphe et l’Opéra bien sûr ! Jusqu’à se prendre les pieds dans sa propre toile et se mettre en scène en personne, façon caméo, avec palette et pinceaux !


En comment je me réjouis de le revoir à l’Hôtel de Caumont

Bon, autant vous le dire franchement, j’adore la ville d’Aix en Provence. J’adore l’Hôtel de Caumont… Et je n’ai jamais été déçue par leurs expositions, même si le prix du billet d’entrée est un peu élevé !
Après une superbe expo dédiée à Nicolas de Staël, voici venir Marc Chagall… “Du noir et blanc à la couleur”, voilà pour l’intitulé.

L’exposition Marc Chagall à l’Hôtel de Caumont à Aix en Provence

L’exposition est visiblement consacrée à la deuxième partie de la vie de l’artiste : ses créations à partir de 1948 jusqu’en 1985, année de son décès. Un accrochage de 130 œuvres aux multiples techniques comme toujours avec Chagall (peintures, sculptures, mais aussi dessins, gouaches, collages, céramiques…).

Au détour du catalogue

Il y a des œuvres que j’ai véritablement envie de voir, ou de revoir. Comme : « Personnages de l’Opéra » bien sûr, puisque c’est une déclinaison du travail effectué pour le plafond de l’Opéra de Paris, qui met en scène les personnages du « Roméo et Juliette » de Berlioz. « La Nuit Verte » avec ses toits russes, sa bête à cornes et ses mariés. « Le Christ », une stèle en pierre du Gard… Evidemment « L’arlequin » dont les couleurs m’enchantent et que je ne reverrai sans doute pas de sitôt, et aussi « Le village fantastique »…

A noter

L’exposition accueille des prêts exceptionnels comme « L’arlequin » (Taisei Corporation Tokyo) ou « Les amoureux au poteau » (collection Odermatt). Des œuvres de collections privées sont assez rarement présentées en Europe. Des esquisses qui ne sont jamais exposées, et quelques grandes huiles proposées au regard pour la première fois avec leurs croquis préparatoires.


Chagall (1887-1985) en quelques dates pour s’y retrouver

1906 : Début de son apprentissage auprès de Jehouda Pen à Vitebsk en Biélorussie. Puis il part pour Saint Pétersbourg et étudie auprès de Léon Bakst. C’est là qu’il rencontre Bella Rosenfeld, qui deviendra sa première femme.
1910 : Départ pour Paris. Il se lie d’amitié avec Blaise Cendrars… En 1912, il participe au Salon des Indépendants de Paris, à l’exposition de groupe La Queue d’Ane à Moscou. Il fait sa première expo personnelle à la Galerie Der Sturm à Berlin en 1914.
1914 : Le peintre retourne en Russie et épouse sa muse Bella Rosenfeld, en 1915. Le couple s’installe à Pétrograd, leur fille prénommée Ida naît en 1916. Deux ans plus tard Chagall est nommé commissaire aux Beaux-Arts.

Chagall quitte la Russie

1922 : Il rejoint Berlin, puis Paris… Il se lance dans l’illustration de livres : « Les âmes mortes » de Gogol, puis « Les Fables » de la Fontaine ou encore « La Bible » dans les années 30.
1937 : Chagall prend la nationalité française. Mais dès 1941 il est arrêté. Varian Fry, journaliste américain, lui permet in extremis de rejoindre les USA. Il vit en exil à New-York. Sa femme Bella meurt en 1944.
1945-1946 : Chagall réalise les costumes et les décors de « L’Oiseau de Feu » de Stravinsky. Il rencontre Virginia McNeil, qui donne naissance à son fils David. Une rétrospective de son œuvre est exposée au Museum of Modern Art à New York, puis à l’Art Institute à Chicago.

Chagall s’installe en France

1948 : L’artiste rentre en France. Aimé Maeght devient son marchand. Il s’initie à la céramique, à la sculpture, et connaît le succès que l’on sait. Il épouse Valentina Brodsky en 1952. De nombreuses expositions sont organisées en Europe…
1963 : A la demande d’André Malraux il se lance dans la maquette du plafond de l’Opéra Garnier.
1973 : Le Musée national Marc Chagall est inauguré à Nice.
1977 : Il finit d’achever les vitraux de la Cathédrale de Reims.
1985 : Mort à Saint Paul de Vence le 28 mars à presque 100 ans…

Chagall, le poète de la couleur

Dans Chagall il y a tout ce que j’aime, les couleurs franches et rayonnantes, les arts du spectacle, le rêve, un incroyable bestiaire enchanté, enchanteur… et le sacré ! Que j’ai hâte d’aller à la rencontre du poète de la couleur !


Les p’tites infos :
Exposition « Chagall, Du noir et blanc à la couleur »
Du 1er novembre 2018 au 24 mars 2019 à l’Hôtel de Caumont – 3 rue Joseph Cabassol à Aix en Provence – Tous les jours de 10 heures à 18 heures (y compris jours fériés) – Tarifs de 11 à 14 euros (gratuit pour les moins de 7 ans).

Thomas Ostermeier… pourquoi je n’irai pas voir sa dernière création

Shakespeare mise en scène par Thomas Ostermeier

«La Nuit des rois ou Tout ce que vous voulez» de Shakespeare à la Comédie Française ?
Alors ça, si ce n’est pas un titre accrocheur, c’est que véritablement je ne m’y connais pas ! Comment ? Toi, vous, il ou elle… tu, vous, nous, n’irons pas ! Bon, il faut se rendre à l’évidence. Non je n’irai pas à la Comédie Française assister à « La Nuit des rois ou Tout ce que vous voulez » du sieur William Shakespeare dans la mise en scène de Thomas Ostermeier…


Oui mais pourquoi ? Faut-il se poser la question ?

De vous à moi j’adore Shakespeare. J’ai des souvenirs de jeunesse merveilleux à la Comédie Française (et tant d’autres)… à cela j’ajoute, l’air de rien, que j’ai une affection artistique toute particulière pour Thomas Ostermeier. Alors quoi ? Quel est le problème ?

Je boude. Je suis fâchée avec ce merveilleux metteur en scène ? Honnêtement on peut se poser la question… Eh bien là n’est pas l’interrogation !

Si j’ai décidé de faire l’impasse sur ce spectacle, qui de vous à moi me fait de l’œil depuis que j’en ai entendu parler, c’est pour une simple et très bonne raison… Tadam, roulement de tambour…


Il est juste impossible de se procurer une place, tant le spectacle a été pris d’assaut…

Oui, vous mes amis virtuels. Oui, vous qui aimez le théâtre, à moins d’avoir réservé votre place bien en amont. Plus de billets à délivrer avant… avant on ne sait quand, avant jamais sans doute ! Plus le moindre petit fauteuil de libre, point de place à l’horizon, à moins d’avoir une chance insolente. Soyons réalistes, il va falloir faire autrement !

J’aurais pu intituler ce billet : Pourquoi je vais me battre pour aller voir la dernière création de Thomas Ostermeier, “La Nuit des rois ou Tout ce que vous voulez » de Shakespeare à la Comédie Française…”. Sauf que n’étant plus, depuis un certain temps, dans la capitale, j’ai perdu mes plans B d’avant… Bref, je dois me résoudre à réserver mes places en temps et en heure comme tout le monde.

Tant pis, cela sera pour une autre fois. Cela m’apprendra à avoir plus de réactivité. En d’autres termes, dès que je vois un truc sympa qui est susceptible de me plaire et de faire le buzz, je n’hésite pas une seule seconde, je me précipite ! Je dois avouer que je suis particulièrement dépitée…


C’était le « The » spectacle à ne pas louper…

Surtout quand on a un faible pour le metteur en scène allemand. Meet Thomas Ostermeier (ou quand on n’est pas capable d’aligner deux mots en allemand, on se la pètes in english…)

Hamlet de William Shakespeare

Je n’ai découvert qu’assez tardivement Thomas Ostermeier. Mais je m’en souviens très bien. C’était en 2008, dans La Cour d’Honneur du Palais des Papes, avec sa mise en scène d’Hamlet de William Shakespeare, un sacré choc ! Dans Avignon, tout le monde en parlait, dans la presse, tous les critiques se déchaînaient… Tiède, chaud, bouillant, on s’exprimait sur tous les tons. Je ne suis pas sûre d’avoir véritablement aimé ce spectacle. C’était plus une impression, dans le sens de quelque chose qui vous marque, qui s’imprime en vous, qu’une véritable délectation.

Un personnage principal un peu fou

Quand on a encore en mémoire la version de Patrick Chéreau avec Gérard Desarthe 20 ans plus tôt, quand on a adoré la version cinématographique de Kenneth Branagh (1996), il n’est pas forcément aisé d’adhérer d’emblée à la version de Thomas Ostermeier. D’autant plus qu’il emprunte un chemin délicat, en faisant de son personnage principal un être fou au sens psychanalytique du terme. Il s’en expliquait d’ailleurs à l’époque :  » Souvent on présente Hamlet en personnage romantique intègre dans un monde corrompu… J’ai envie d’émettre l’hypothèse que la folie prend possession d’Hamlet et qu’il ne peut plus se cacher derrière le masque du fou dont il s’est couvert au début de la pièce. »

La note d’intention me posait question mais qui peut avoir oublié la scène d’ouverture, l’enterrement du Roi Hamlet, la boue et la pluie à la lance de pompier sur l’immense plateau de la Cour d’Honneur. Ophélie et la mère d’Hamlet, Gertrude, jouées à tour de rôle par la même actrice… Oui, cette version est restée très présente dans ma mémoire, même si j’ai quelques réserves.

Après il y a les souvenirs et ce que l’on en fait

Il y a aussi au cours de cette représentation ma découverte dans le rôle-titre, d’un acteur renversant, Lars Eidinger. C’est comme si Thomas Ostermeier avait trouvé une incarnation de sa pensée du théâtre à travers lui. Une liberté de ton, un état de corps, absolument époustouflant !


Thomas Ostermeier est le co-directeur de théâtre de la Schaubüne à Berlin depuis 1999

Invité par Hortense Archambault et Vincent Baudriller en tant qu’Artiste associé au Festival d’Avignon en 2004, j’ai tout loupé de lui cette année-là, pourquoi, comment ? Je me pose encore la question !

Depuis je me suis légèrement rattrapée. Et je ne suis pas prête d’oublier, à l’invitation d’Olivier Py, sa remarquable version de « Richard III » de Shakespeare à l’Opéra-théâtre Grand Avignon en 2015. Sans oublier dans le rôle-titre l’incontournable Lars Eidinger, il avait fait de mémoire la couverture de Libération, inénarrable trublion en début de représentation. Au jour de la première, il demandait à un spectateur qui semblait s’endormir au premier rang s’il avait besoin de quelque chose, un verre d’eau ou autre, mettant le public dans sa poche dès les premières répliques !

Thomas Ostermeier, grand metteur en scène berlinois, est maintenant l’invité de la Comédie Française. Cette version, on l’imagine décapante « La Nuit des rois ou Tout ce que vous voulez » avec notamment Georgia Scalliet, Adeline d’Hermy, Denis Podalydès, Laurent Stocker, Stéphane Montenez…


La Nuit des rois ou tout ce que vous voulez de Shakespeare

Cette pièce est écrite vers 1601 par William Shakespeare. Elle est donnée en 1602 telle une grande fête à l’occasion de la Chandeleur et de son carnaval. C’est la dernière comédie du dramaturge.
Quel en est le sujet ? Viola pense avoir perdu son jumeau (Sébastien) qu’elle imagine noyé lors du naufrage qu’ils viennent de subir.  Et elle se retrouve en Illyrie. Pour survivre elle se déguise en homme et prend pour identité le nom de Césario. C’est ainsi qu’elle entre au service du Duc Orsino. Patatras… elle en tombe amoureuse. Oui mais… le duc, lui, est amoureux de la comtesse Olivia, une jolie veuve. Et s’en remet à Césario son page (Viola) pour lui déclarer sa flamme et l’épouser. Patatras… La comtesse va s’éprendre du charmant messager… Mais tout ceci n’est que le début de mille et une sortes de quiproquo !

À noter que le metteur en scène Thomas Ostermeier n’a pas confié la traduction de « La Nuit des rois » à n’importe qui. C’est l’écrivain et dramaturge Olivier Cadiot qui s’est plongé dans la langue du sieur Shakespeare pour lui insuffler sans doute un verbe contemporain…


Olivier Cadiot signe la traduction

Olivier Cadiot, j’ai rencontré son écriture dans la bouche du comédien Laurent Poitrenaux l’année 2004 lors de la reprise du « Colonel des Zouaves » au Festival d’Avignon. Un petit bijou ciselé à la mise en scène par Ludovic Lagarde. Un véritable choc poétique et ludique, une gourmandise drolatique que je reverrais bien… Cette année-là, il y avait également « Fairy Queen » du même auteur. Et « Oui dit le très jeune homme » de Gertrude Stein dont Olivier Cadiot signait la traduction.

En 2010, à l’invitation d’Hortense Archambault et Vincent Baudriller, Olivier Cadiot était l’artiste associé à la 64ème édition en compagnie du metteur en scène suisse (et musicien) Christoph Marthaler. Au programme « Un nid pour quoi faire » : un texte succulent mis en scène par Ludovic Lagarde.  Et l’extraordinaire pépite du Festival : « Un mage en été » offre un terrain de jeu exceptionnel à Laurent Poitrenaux. Ce dernier ingurgite et régurgite avec brio la poésie d’Olivier Cadiot, sur la scène de l’Opéra Théâtre, toujours sous la direction de Ludovic Lagarde. Rien que d’y penser, j’en ai encore des frissons !

Faut-il vraiment se résigner à ne pas aller voir « La Nuit des rois ou tout ce que vous voulez » dans la version d’Ostermeier ?

Eh bien oui et non… car j’ai une bonne nouvelle ! Il y aura une diffusion « Pathé Live » le jeudi 14 février à 20 h 15 en direct de la Comédie Française et une reprise au cinéma le dimanche 3 mars à 17 heures, le lundi 4 et le mardi 5 mars à 20 heures. Cela offre pas mal de perspectives, n’est-ce pas ? Et si je demandais cela en cadeau pour la Saint Valentin ? Après tout que célèbre-t-on d’autre que l’Amour dans « La Nuit des rois » !

En attendant le Festival d’Avignon… Épisode 3

Le dernier invité de l’année 2018 n’est sans doute pas le dernier, puisqu’il s’agit d’Olivier Py, un artiste auteur, acteur, metteur en scène, directeur en titre du Festival d’Avignon, reconduit depuis peu jusqu’en 2021. Mais retraçons vite son parcours…


Olivier Py

Olivier Py est né à Grasse le 24 juillet 1965…, pia, pia, pia… pia, pia, pia… Vous irez voir le reste sur Wikipédia… Mais pour les grandes lignes on peut quand même se souvenir de son entrée en 1987 au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris. De sa première participation dans le OFF au Théâtre des Halles en 1992 avec « Les aventures de Paco Goliard ». De son spectacle emblématique « La Servante »en 1995, 24 heures d’affilée au Festival d’Avignon. Mais aussi deux ans plus tard « Le visage d’Orphée » dans la Cour d’Honneur du Palais des Papes.

Biographie…

En 1998, Olivier Py prend la direction du Centre Dramatique National d’Orléans

Son amour pour les ouvrages opératiques est récompensé en 2005 par le Grand Prix de la Critique pour ses mises en scène de « Tristan und Isolde » ainsi que « Tannhäuser ».

De 2007 à 2012, c’est la grande aventure de la direction du Théâtre National de l’Odéon

Plusieurs créations dont « Les enfants de Saturne » en 2009, mais aussi un renvoi qui laisse le monde artistique pantois, un brin assommé et en révolte… Pour le calmer, Olivier Py se retrouve nommé à la direction du Festival d’Avignon, une responsabilité qu’il prend en 2014…

Palais des Papes à AvignonDepuis Olivier Py mène de front la programmation du Festival et ses propres créations

Comme « Orlando ou l’impatience », « Le Roi Lear » de Shakespeare, « Le cahier noir », « Les Parisiens » ou encore « Pur Présent » mais aussi des ouvrages opératiques comme « Pénélope » de Gabriel Fauré, « Le vaisseau fantôme » de Richard Wagner, « La juive » de Fromental Halévy, « Macbeth » de Verdi, « Manon » de Jules Massenet, « Lohengrin » de Richard Wagner, « Traviata » de Verdi…


Olivier Py s’en vient cette année avec un format jeune public qu’il affectionne tout particulièrement

les frères GrimmLe titre est éloquent « L’Amour Vainqueur ». Derrière l’intitulé se cache un conte des frères Grimm. Olivier Py les apprécie depuis longtemps. Après avoir adapté à la scène « La jeune fille, le diable et le moulin », et pas qu’une fois… « La vraie fiancée » ou encore « L’eau de la vie », Olivier Py s’empare d’un autre conte, intitulé… (Alors là, je vais être honnête. Je commence une espèce de casse-tête. Car suivant les ouvrages et/ou les traductions, on entend parler de « La jeune fille Méline », « La jeune fille Méleine ». Mais aussi demoiselle à la place de jeune fille… Jusqu’à « La princesse Maleine » de Maurice Maeterlinck qui a signé lui aussi sa propre adaptation de ce conte des frères Grimm.

Chez Olivier Py cela devient « L’Amour Vainqueur ». Il reste dans la lignée de ses précédentes adaptations des contes de Grimm, à savoir : un théâtre de tréteaux, des acteurs-musiciens-chanteurs, dans l’ordre qu’il vous plaira, pour dérouler de belles histoires, qui font parfois très peur mais qui se finissent toujours bien.


Mais quel est le sujet de ce conte ?

Deux jeunes gens s’aiment d’amour tendre. Mais le père de la jeune fille, roi en sa contrée, décide de ne pas accorder la main de sa fille à ce jeune tourtereau de sang royal. Parce qu’il a trouvé un autre prétendant pour elle. Comme la princesse ne se résigne pas à son sort et ne veut entendre raison. Le père décide de la punir et de l’enfermer dans une tour à l’abri du monde pendant 7 ans… Tandis que la guerre éclate et détruit tout sur son passage. La jeune fille réussi à se libérer après ces longues années. Et elle retrouve un royaume en cendres. Elle décide de partir à la recherche de son prince aimé… Au bout du « conte », l’amour triomphe !

C’est ce récit assez étrange

Olivier Py a décidé de le mettre en scène pour la 73ème édition du Festival d’Avignon. C’est une petite forme opératique en forme de gourmandise qu’il aime à décliner à l’envie pour un tout public dès 7 ou 8 ans. On imagine bien ce conte revisité, s’en aller en diverses petites contrées de l’hexagone, telle une tournée de campagne, aller au plus près de chacun pour transcender poétiquement des sujets multiples comme la guerre, la violence faite aux enfants, aux femmes, l’écologie… Car les thèmes évoqués ou sous-entendus sont tristement de pleine actualité.


Cela peut paraître fou de trépigner en plein hiver pour savoir ce que nous réserve l’été 2019

C’est comme cela chaque année (depuis un certain temps, voire un temps certain). Chaque année je ne peux m’empêcher de rêver au programme avignonnais du mois de juillet…

Les prochaines étapes seront les futures rencontres, mensuelles en principe, 3 ou 4 sans doute, nous verrons bien… Et puis la « délivrance » de la fin du mois de mars (si le calendrier est raccord avec 2018), ou d’un seul coup le rêve prend corps, l’avant programme se dévoile… où l’on découvre l’essentiel de la programmation, où l’on espère pouvoir obtenir des places pour ceci ou pour cela, où l’on commence vaguement à dessiner son agenda, un agenda qui sera mille et une fois revisité, bousculé, réorganisé, saccagé, euh non, peut-être pas !

Mais des brouillons d’agenda « spécial Festival d’Avignon » ! Croyez-moi il y en a quelques versions, des versions sur bout de papier, because je ne vais certainement pas polluer mon bujo avec ça… Bon, assez tournicoté, assez bavassé, vous l’aurez compris. Je suis dans une impatience indicible. Dieu merci, je sais qu’elle est grandement partagée. En attendant, je rêve toujours, je rêve… et vous ?


Les p’tites infos :
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En attendant le Festival d’Avignon… Épisode 2

Les mois se suivent, et se ressemblent ou pas… mais la programmation du Festival d’Avignon, s’égrène toujours aussi joliment. Après Pascal Rambert, voici venir le tour de Julie Duclos…


Julie Duclos

C’est en novembre, le 13 d’un mois en plein cœur de l’automne, que cette jeune « metteur en scène » est venue à la rencontre du public avignonnais. C’est assurément une petite nouvelle, même si la toute jeune élève du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris qu’elle est, joue lors de sa deuxième année une version très épurée du Tartuffe de Molière. C’est sous la direction de son professeur : Dominique Valadié (la ravissante comédienne qui interprétait le rôle de Marianne en 1978 avec pour gouvernante une certaine Nada Strancar dans le rôle de Dorine sous la direction de son maître, Antoine Vitez ) que Julie Duclos participe à une pièce « travaux d’élèves » en forme d’hommage à Antoine Vitez. Une sorte de baptême  puisque c’est le Festival d’Avignon qui l’accueille dans la si jolie cour du musée Calvet en 2008.

2008, la fameuse année du metteur en scène italien Romeo Castellucci avec « Inferno » dans la Cour d’Honneur du Palais des Papes, « Purgatorio » au Parc des Expositions et « Paradisio » à l’Eglise des Célestins. C’est également l’année de Valérie Dréville, artiste associée aux côtés de Romeo Castellucci, qui présentait une version du « Partage de Midi » de Paul Claudel. L’année du , « Hamlet » de William Shakespeare, version Thomas Ostermeier dans la Cour d’Honneur… Sans parler de l’incroyable découverte des « Tragédies Romaines » d’Ivo van Hove, un véritable choc pour ceux qui les ont vues… la salle n’avait pas fait le plein, personne ou presque ne connaissait ce metteur en scène belge et six heures de Shakespeare en flamand, ça n’était pas très sexy sur le papier du programme… sauf que… Certains s’en mordent encore les doigts !!!


Comédienne et metteur en scène, elle a fait ses classes au Conservatoire

Mais revenons à notre jeune metteur en scène, Julie Duclos. Elle est comédienne à ses heures. Elle vient de tourner avec le réalisateur François Ozon « Grâce à Dieu ». Un film qui devrait sortir en février 2019.Mais le théâtre (en particulier la mise en scène) semble beaucoup accaparer Julie.

C’est au Conservatoire de Paris qu’elle fait ses premiers pas en mettant en scène ses camarades dans « Fragments d’un discours amoureux » d’après Roland Barthes. Elle fait se côtoyer les mots du philosophe avec ceux de Marivaux ou encore de la Nouvelle Vague. Elle ne cache pas sa passion pour le grand écran. Peu de temps après, elle monte « Masculin/Féminin », où comment expérimenter librement les frontières du jeu, entre réalité et fiction. Fidèle à ses acteurs, elle met en scène au Théâtre National de la Colline : « Nos serments », une libre adaptation du célèbre film de Jean Eustache : « La Maman et la putain ». Le spectacle va se promener en tournée pendant 2 ans, en particulier à Montréal au Festival TransAmérique…


La création de MayDay de Dorothée Zumstein au Théâtre de la Colline

L’année 2017 voit la création de MayDay, une pièce comme un voyage dans temps et/ou dans la mémoire de plusieurs générations de femmes. Une forme d’épopée jouée au Théâtre de la Colline, sur un texte de Dorothée Zumstein, auteur de théâtre et traductrice littéraire (passée par le Centre des Ecritures du Spectacle à la Chartreuse de Villeneuve lez Avignon). S’en suit une tournée aux quatre coins de France. Après avoir été artiste associée à la Colline aux côtés de Stéphane Braunsweig de 2015 à 2017, Julie Duclos est désormais auprès d’Arthur Nauzyciel au Théâtre National de Bretagne. Elle ne manque pas d’y intervenir en tant que pédagogue auprès des élèves de cette très belle école.

Dans ce parcours assez conséquent pour un si jeune metteur en scène, on notera plus particulièrement sa participation à plusieurs stages comme « Le corps rêvant » ou encore « L’élan intérieur ». Stages dirigés dans le cadre des Chantiers Nomades par le metteur en scène polonais Krystian Lupa, dont on connait l’infini talent…


Pelléas et Mélisande, le rêve de Maeterlinck

Julie Duclos vient étoffer la 73ème édition du Festival d’Avignon avec une version non opératique de « Pelléas et Mélisande »… C’est assez rare pour être souligné, je ne sais pas vous, mais pour moi ce titre évoque les belles notes du compositeur Claude Debussy, dont le livret est signé de la plume du poète belge Maurice Maeterlinck… Sauf que, le fameux livret, est lui-même tiré d’une pièce signée du même auteur.

Je récapitule. Maurice écrit une pièce de théâtre. Claude y voit un drame lyrique. Il se met à composer et demande à Maurice d’adapter « Pelléas et Mélisande » en livret d’opéra. Le tour est joué… Quoique… Maeterlinck et Debussy iront jusqu’au procès et jusqu’à envisager un affrontement via duel… Car le désaccord est véritablement profond entre les deux créateurs. Maurice Maeterlinck souhaite que le rôle principal soit confié à son épouse tandis que Claude Debussy imagine parfaitement la jeune écossaise Mary Garden : « Je ne puis concevoir un timbre plus doucement insinuant ». Maeterlinck reconnaitra plus tard que Debussy a fait du bel ouvrage… En attendant, qui de nos jours, se souvient de la pièce, tandis que l’opéra se joue régulièrement sur les scènes lyriques du monde entier ?

Eh bien Julie Duclos s’en souvient !

A tel point que c’est une scène de « Pelléas et Mélisande » qui lui vaut d’intégrer le Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique… Comme un conte de fées, n’est-il pas ? Il ne reste plus qu’à concrétiser la chose… Mais laissons la parole à Julie Duclos pour nous raconter la belle histoire .

« Toute l’écriture de Maeterlinck a une très grande force poétique, c’est ce qui m’a attirée en premier lieu. Elle est très simple l’histoire de Pelléas et Mélisande, on pourrait parler de trio amoureux : Golaud rencontre Mélisande dans la forêt, elle est en exil, il croise cette jeune fille qui pleure dans la forêt.  Il va la ramener dans le château de son grand-père, le roi Arkel et Mélisande va tomber amoureuse de Pelléas qui est le petit frère de Golaud et réciproquement. Donc ça parle d’un amour interdit, mais on pourrait dire dénué d’enjeux bourgeois. Ca parle d’un amour tragique, c’est toute la force de l’écriture de Maeterlinck qui est en suspension permanente, c’est ce qui fait vraiment sa spécificité, et sa force. C’est une écriture qui fonctionne en écho, comme pour laisser la place au non-dit et au paysages intérieur des personnages… ».

De la vidéo, du son, de la lumière… Julie Duclos s’emparera de tous ses talents pour rêver, au-delà de l’illustration, pour livrer une version théâtrale particulièrement cinématographique…

Je ne vous cacherai pas que j’ai vraiment hâte de découvrir cette version théâtrale que je ne connais pas… Je me demande si les notes de Debussy seront présentes dans ma tête au jour de la représentation ou si elles s’évanouiront ? Comment Julie Duclos va-t-elle interroger le mystique, le métaphorique, une dimension très forte chez Maeterlinck ? Autant de questions qui trouveront résolutions à l’été… Comment vous dire… Vivement juillet !


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En attendant le Festival d’Avignon… Épisode 1

Ou comment se révèle la programmation de la prochaine édition : le cru 2019
J’en rêve, vous en rêvez… ou pas… soyez sereins, vous en avez le droit… êtes-vous impatients comme moi… ou si peu… ou tout simplement pas ?
Eh bien oui, je l’avoue, à chaque année son mystère, à chaque édition son attente, son improbabilité, son envie rêvée ou désespérée… n’oublions pas les suppositions, les conjonctions, les coordinations… oublions de hausser le ton, et sans le varier, laissons le rêve se dessiner et la magie opérer.


Avant que d’invoquer quelques dieux oubliés, incas, mayas… que sais-je encore et qui sait, en cherchant bien, d’autres dieux venant d’autres contrées, on peut tout simplement se fier à de petits indices… Les premiers étant les rendez-vous mensuels que la direction du Festival d’Avignon propose au public à la FabricA.

Depuis le mois d’octobre, « L’Odyssée », version 2019, thème choisi et annoncé par Olivier Py lors du bilan de l’été dernier, se dévoile tout doucement en régulières rencontres, et le public en est friand…


Pascal Rambert

En octobre, le bal s’est ouvert sur un artiste qui a su charmer plusieurs directions du Festival d’Avignon, l’auteur et metteur en scène, et parfois réalisateur, et même chorégraphe, Pascal Rambert.

Invité par Alain Crombecque en 1989, il n’a que 27 ans quand il propose, lors de la 43ème édition du Festival : « Les Parisiens ou l’Eté de la mémoire des abeilles », une pièce qu’il reprend dans la foulée au Théâtre de la Commune à Aubervilliers, avec au cœur de sa distribution, un certain Olivier Py !

En l’an 2000 c’est au tour de Bernard Faivre d’Arcier de l’accueillir avec « L’Epopée de Gilgamesh » de Sin-Lege-Unninni. 2005 sonne le glas avec le scandale d’«After Before », pièce pour vingt et un acteurs et un chien au Gymnase Aubanel… René Solis pour le journal Libération titre : « After/Before, scénario catastrophe, crash public », en bref une création très attendue qui ne séduit pas le public, loin de là. Les spectateurs, après s’être arrachés les billets sur le parvis, laissent déborder leur colère, et offrent à Pascal Rambert une véritable bronca.

« Clôture de l’Amour », un succès mondial

En 2011, Pascal Rambert revient à l’invitation d’Hortense Archambault et Vincent Baudriller, et c’est un succès éclatant ! Les éditions se suivent mais ne se ressemblent pas. L’artiste présente au Festival un long poème d’amour adressé à la cité, intitulé « Avignon à vie », et c’est le sociétaire de la Comédie Française, Denis Podalydès, qui le porte dans la Cour d’Honneur du Palais des Papes. Et puis, et surtout, il y a son chef d’œuvre absolu : « Clôture de l’Amour », avec les comédiens Audrey Bonnet et Stanislas Nordey… Le spectacle s’exporte aux quatre coins du monde, se traduit en mille et une langues, se joue en autant de dialectes, un succès au long cours qui se donne encore et toujours.

« Architecture »… Jacques Weber, Emmanuelle Béart, Denis Podalydès… un casting de rêve…

Cet été, Pascal Rambert répond à l’invitation d’Olivier Py, l’actuel directeur du Festival, et propose : « Architecture », un « memento mori pour penser notre temps », une pièce écrite sur mesure pour distribution inespérée, en résumé… un casting de rêve…

Attardons-nous d’abord sur le sujet et laissons parler l’intéressé : « C’est l’histoire d’une grande famille, à la tête de laquelle est Jacques Weber. Ca débute à peu près au début du siècle, vers 1910, et ça va jusqu’à la première guerre mondiale, et ça continue ensuite jusqu’à l’Anchluss… Une famille face à l’histoire. C’est une famille assez brillante, un peu à l’image des acteurs pour lesquels j’ai écrit (…). C’est une pièce qui parle à la fois de l’enfer de la famille, mais aussi de l’enfer de la famille européenne, ou de ce qu’elle a pu imaginer être, et qui a un moment donné s’est effondrée sur elle-même. Ce sont des choses qui sont assez proches de ce que l’on ressent, au niveau de l’intuition, mais aussi au niveau du quotidien que l’on créé, de ce que l’on vit ensemble… »

Au sein de cette famille, incarnée par d’exceptionnels acteurs : Jacques Weber, Arthur Nauzyciel, Stanislas Nordey, Denis Podalydès, Pascal Rénéric, Laurent Poitrenaux et de merveilleuses actrices : Marina Hands, Audrey Bonnet, Emmanuelle Béart, Marie-Sophie Ferdane… oui, tous les talents sont bien présents. Ils ou elles peuvent être compositeur, architecte, philosophe, écrivain scientifique, acteur, peintre… Tous pensent que l’on peut consacrer sa vie à la pensée et à la beauté, et surtout que cela fait encore sens. Et Pascal Rambert de s’interroger : « Si eux, les plus talentueux des talentueux, n’ont pu empêcher le sang, comment feront-nous si le sang se présente à nouveau ? ».

Je le dis sans ambages, j’attends de pied ferme cette création qui se jouera a priori en début de Festival. La distribution est splendide, le grand public devrait s’y retrouver, tout comme les férus de théâtre. Je sens que les billets vont s’arracher dès l’ouverture, il va falloir jouer des coudes pour « en être » et/ou en découdre… La bonne nouvelle c’est que la pièce se donne à la FabricA, une salle à l’extérieur des remparts qui permet d’accueillir 600 personnes… Après, tout dépendra, bien sûr, du nombre de dates… mais on y croit !


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