BILLET : John Godward peint du cou

godward_beautéclassiqueLes semaines de la mode de septembre 2013 prennent fin. Des mannequins sur les catwalks, on aura vu des jambes interminables et souvent très fines, des moues affichées, des cheveux attachés… et les cous ? Vous en faites quoi des cous ? Et bien, il y a cette “Beauté classique” peinte par John Godward en 1908. Pas besoin d’artifice et d’accessoires, ce cou dévoilé, c’est sensé et sensuel. Vous pouvez le voir jusqu’au 20 janvier 2014 au musée Jacquemart-André dans le cadre de l’exposition “Désirs et Volupté à l’époque victorienne”.

John Godward, Beauté classique, 1908, collection Pérez Simon DR

Jacquemart-André : La peinture anglaise de la fin du XIXe siècle s’effleure

héliogabalerosesLe musée Jacquemart-André présente, jusqu’au 20 janvier 2014, « Désirs & Volupté à l’époque victorienne ». L’exposition piochant dans la collection du Mexicain, Juan Antonio Pérez Simon, se concentre sur les peintres britanniques de la fin du XIXe siècle.

Des femmes nues, un tableau en passe de devenir un classique de carte postale (Les Roses d’Héliogabale), des peintres en quête de légèreté dans une période sérieuse, l’exposition « Désirs & Voluptés à l’époque victorienne » a de nombreux atouts pour rencontrer un fort succès. L’espace d’exposition toujours un peu étroit du musée se transforme en boudoir anglais. Au sol alternent des moquettes aux motifs léopard et de fleurs. Aux murs, des rideaux en trompe l’œil, du vert sourd un peu sombre et des revêtements façon marbre animent la dizaine de salles pensées par le designer Hubert Le Gall, scénographe de plusieurs expositions en 2013 comme Masculin/Masculin (musée d’Orsay) et Les Etrusques (musée Maillol).
Dans la première salle, Les Roses d’Héliogabale (1888) crée la surprise. Réalisé par Alma-Tadema, le tableau autant par son sujet (des sujets de l’empereur romain suffoquant dans des pétales de roses lors d’un banquet), sa composition (un premier plan spectaculaire) et son traitement (finesse et couleurs) interrogent. Comment de telles peintures ne sont-elles pas passées à la postérité plus rapidement.
Décoratif
Les salles suivantes relativisent ce premier étonnement. Car si ces peintres anglais (Lawrence Alma-Tadema, Frédéric Leighton, Albert J. Moore) font preuve d’une grande dextérité (ils sont presque tous membres de la Royal Academy), leur peinture verse avec un grand intérêt visuel dans un art plutôt décoratif. Leur force, comme le rappellent les cartels, réside dans cette nécessité d’apporter une certaine volupté, une touche de chair dans une période victorienne synonyme de révolution industrielle.
Ils font de l’Antiquité une période de lumière (Le Quatuor, hommage du peintre à l’art de la musique, Albert J. Moore 1868) et du Moyen-Âge, un temps de mélancolie et de réflexion (Le Temps jadis, John M. Strudwick, vers 1908). La femme, tour à tour, muse, héroïne, et très souvent nue, est le fil conducteur de ces peintres qui ont mis en elles toute la beauté du monde. Après les Préraphaëlites (des toiles de Burne-Jones sont présentes) qui prônaient un symbolisme appliqué et avant l’Art nouveau affichant le slogan l’art pour tous, l’exposition fait le trait d’union en une cinquantaine de tableaux.
A votre tour de redécouvrir ces peintres populaires en leur temps et de participer à la renaissance de cette peinture anglaise mise aussi en avant par le musée d’Orsay en 2010. Exquis and so British.

Sir Lawrence Alma-Tadema, Les Roses d’Héliogabale (détail), 1888, Collection Pérez Simon DR.

Du Pop sur le Net – Semaine du 22 septembre 2013

angelamerkel-par-noortjevanEekelenLa secrétaire des Beatles, les vestes de Merkel, les négatifs sur votre Smartphone, les comics en ligne, l’anniversaire de Bill Murray, voici cinq liens pour une semaine de pop culture sur le Net.

Ma vie de secrétaire des Beatles
Freda Kelly a été assistante des Beatles pendant plus de dix ans (1961-1972). Elle raconte cette aventure de secrétariat dans un documentaire sorti aux Etats-Unis en septembre. La bande annonce à découvrir ici :
http://www.lefigaro.fr/musique/2013/09/20/03006-20130920ARTFIG00469-une-secretaire-dans-l-intimite-des-beatles.php

Angela Merkel prend tout de même des vestes
La réélection d’Angela Merkel et la fashion week qui sévit actuellement sont l’occasion de revenir sur le style vestimentaire de la chancelière. Le nuancier des blazers d’Angie réalisé par le graphiste Noortje van Eekelen. Son site The Spectacle of Tragedy est aussi un travail sur l’image et la crise européenne. A voir ici :
http://thespectacleofthetragedy.eu/#24189987690

Les négatifs s’affichent sur smartphone
Lisez et enregistrez vos négatifs argentiques sur votre Smartphone, c’est évidemment possible grâce à ce petit appareil créé par Lomography. Article à lire ici :
http://dailygeekshow.com/2013/09/22/grace-a-votre-smartphone-vous-pouvez-maintenant-numeriser-vos-anciens-negatifs/

Digital Comics
Les comics sont aussi en ligne. L’éditeur Marvel propose une véritable librairie en ligne pour les fans de Spider Man, Wolverine ou Fantastic Four. A télécharger ici :
http://comicstore.marvel.com/

Bon anniversaire Bill Murray
Pour ses 63 ans, Bill Murray a le droit à une infographie en couleurs réalisée par des fans.  La verra-t-il, rien n’est moins sûr. Pour vous c’est ici :
http://www.troiscouleurs.fr/?p=7467

© Angela Merkel nuancée par Noortje van Eekelen

Du Pop sur le Net – Semaine du 15 septembre 2013

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La villa Cavrois, Photoquai, un voyage interstellaire, une balade sur la Petite Ceinture, voici quatre liens pour une semaine de pop culture sur le Net.

La villa Cavrois à voir
Ouverte à l’occasion des Journées nationales du patrimoine, la villa Cavrois située dans le Nord joue les prolongations jusqu’au 29 septembre avant une réouverture en 2015. Œuvre de Robert Mallet-Stevens, la réalisation, dans un pur style Art déco, est classée parmi les 100 plus belles maisons du monde. A visiter ici :
http://culturebox.francetvinfo.fr/journees-du-patrimoine-visitez-lune-des-plus-belles-villas-du-monde-a-croix-141827

Images d’ailleurs à Paris
A partir du 17 septembre 2013, Photoquai, 4e édition, s’installe pour deux mois à proximité de la Seine et du musée du quai Branly. Prenez le large en images. Bande-annonce ici :
http://www.photographie.com/news/photoquai-regarder-plus-loin

Voyage interstellaire
Voyager 1, la sonde américaine lancée en 1977, a quitté le système solaire pour l’espace intersidéral, une première dans l’histoire de l’exploration spatiale. Le récit du Monde à lire ici :
http://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/09/12/la-sonde-voyager-1-devient-le-premier-objet-humain-a-quitter-le-systeme-solaire_3476913_1650684.html

La petite ceinture s’ouvre au public dans le 15e
D’ici fin septembre 2013, plus de 1 km de la Petite Ceinture, ancienne ligne de chemin de fer parisien, fait sa mue et s’ouvre au public. Entre la place Balard et la rue Olivier-de-Serres, la voie devient lieu de promenade pour les Parisiens. A découvrir ici :
http://www.paris.fr/accueil/paris-au-vert/un-nouveau-troncon-de-petite-ceinture-ouvre-au-public/rub_9653_actu_134340_port_23769

Du Pop sur le Net – Semaine du 8 septembre 2013

MAP afficheLes maths de CM2, le festival de la photo amateur à Toulouse, des photos de rentrée, le lifelogging, le journal à imprimer sur demande voici cinq liens pour une semaine de pop culture sur le Net.

Le quizz de la rentrée
Avez-vous la bosse des maths d’un enfant de CM2 ? Avec un quiz, Slate vous propose de vous évaluer en cette semaine de rentrée scolaire. Pas de triche, les calculatrices ne sont pas admises. Pour vous tester, c’est ici :
http://www.slate.fr/story/77094/quiz-rentree-scolaire-fort-comme-cm2

Photo amateur à Toulouse
Jusqu’au 30 septembre 2013, a lieu, à Toulouse, le festival MAP de la photo amateur. Expositions, lectures de portfolio, cours de photo, le festival investit la ville avec des événements gratuits pour le public. Samedi 14 septembre, le rendez-vous est place de la Daurade pour la 1re édition de la nuit de l’image. Le programme est ici :
http://www.map-photo.fr/

Photos de rentrée
Rentrée oblige, l’AFP a réuni une quarantaine de photographies sur le thème de l’école. Un tour du monde en cartable et nouvelles chaussures. A voir ici :
http://www.boston.com/bigpicture/2013/09/schools_around_the_world.html

Une vie de Lifelogging
Le Suédois Martin Källström a imaginé un mini appareil à porter autour du cou ou en broche qui prend des photos toutes les 30 secondes. L’idée : immortaliser tous les moments de votre vie. Un objectif un peu loufoque qui s’appelle du lifelogging. A découvrir ici :
http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5hehdOujldOU18BK68AJ5GTzLHkYQ?docId=649854aa-175c-4213-9853-34a45b96ba70&hl=fr

Journal papier à la demande
Autre idée suédoise : le kiosque digital pour impression de journaux à la demande. Testé à Stockholm, le kiosque ne plaira sans doute pas aux imprimeurs mais permet de réfléchir à une nouvelle distribution de la presse. A voir ici :
http://www.influencia.net/fr/actualites1/media,impression-demande-revolution-pour-presse-ecrite,40,3692.html

Roy Lichtenstein popularise l’art

Roy lichtenstein pompidouJusqu’au 4 novembre 2013, les toiles de Roy Lichtenstein (1923-1997) colorisent le dernier étage du Centre Pompidou. Une rétrospective pour mieux connaître cette figure du Pop Art et partager une réflexion en couleurs primaires sur l’histoire de l’art.

Plus d’un mois que j’ai visité la rétrospective Roy Lichtenstein et toujours pas d’inspiration pour écrire quelque chose dessus. Pourtant j’aime bien Roy. Un poster d’une de ses œuvres était même accroché dans ma salle de bain. Depuis, j’ai déménagé et le poster s’est égaré sans véritable regret de ma part. Et c’est peut-être ce même sentiment de plaisir temporaire que j’ai rencontré à l’exposition. Une fois vue, l’œuvre s’accroche dans votre mémoire visuelle sans laisser de véritable trace dans la case émotion de votre cerveau. N’était-ce pas ce que souhaitait Roy Lichtenstein à l’instar de ses collègues du Pop Art ? « Ce qui intéresse le Pop Art, à mon avis, ce sont les caractéristiques les plus cyniques et les plus menaçantes de notre culture, ces choses que nous détestons, mais qui ont aussi la force de s’imposer à nous. » Emotions à deux larmes, violence avec armes de poing et explosion (Whaam !, 1963), sensualité glacée de pin-ups (Drowning Girl, 1963), il a transformé les images du quotidien et les a érigées en œuvre colorée mémorable. En reprenant à son compte les techniques commerciales (graphisme simplifié et couleurs clinquantes), l’artiste crée (recrée) des images reflets d’une époque et d’une société. Soit. Ce n’est pas si aisé quand on essaie de transposer cette démarche aujourd’hui – quelle image choisiriez-vous ? Soit.
Couleurs primaires de l’art
Mais ensuite que faire ? Que dire d’aussi fort et avec autant de véhémence ? La rétrospective permet de comprendre le parcours de Lichtenstein. L’artiste n’a pas quitté sa technique et notamment le point Benday. En ancien professeur – il a enseigné dans plusieurs universités avant d’être connu-, il a interrogé à sa manière l’histoire de l’art. Les œuvres de Picasso, Monet, Mondrian se mettent au Pop et les Coups de pinceau (1965) se muent en symbole post-moderne. En technicien, il a aussi abordé d’autre support et adapté son style à la sculpture, Goldfish Bowl (1978) en bronze peint, pour donner de la forme là où l’on ne voit que de la couleur. Après une série sur les ateliers qui interroge encore la place de l’art, sa vulgarisation, sa valeur, Lichtenstein change de tons. Semblant délavés, ceux-ci marquent les œuvres de la fin de l’exposition, comme un sas de décompression pour l’œil, Nudes with Beach Ball (1994), comme si le questionnement de Lichtenstein s’amenuisait au fur et à mesure. Du Pop Art au zen avec Landscape with Philosopher (1996) ?

Photo : Goldfish Bowl II, 1978, bronze peint et patiné © Collection particulière DR

Le site du Centre Pompidou