Les Hays dévoilent une collection de rêve au musée d’Orsay

affiche - collection haysJusqu’au 18 août 2013, le musée d’Orsay présente la collection Marlene et Spencer Hays. Débutés dans les années 1970, les achats du couple se concentrent sur les Nabis et notamment les toiles d’Edouard Vuillard. A découvrir rapidement au 5e étage du musée.

A l’heure où une nouvelle saison de Dallas est diffusée sur les petits écrans, le musée d’Orsay vous invite à faire connaissance avec des vrais Texans. Ici pas de pétrole mais des ressources à haute valeur artistique : Vuillard, Bonnard, Redon, Denis, Degas, Renoir… L’histoire du couple relève du conte américain. Tous deux grandissent à plus de 100 km du premier musée. Mariés très jeunes, lui débute sa carrière en vendant des livres au porte-à-porte pour la Southwestern Company dont il devient président après une décennie. Installés à Nashville, les époux commencent à acheter des œuvres d’artistes américains dans les années 1970. Et puis « l’art français devient leur seconde patrie ». Prenant conseil auprès d’historiens d’art, ils s’orientent notamment vers les Nabis, groupe de peintres à l’ambition poétique et à la façon synthétique (aplats de couleurs, jeux d’ombres et de lumière, perspective ramassée) de la fin du XIXe siècle- début XXe siècle. Depuis les années 1980, ils ont réuni une collection importante qu’ils répartissent entre leur appartement new-yorkais et leur demeure de Nashville, construite sur les plans d’un hôtel particulier parisien.
Et c’est justement avec Paris que débute l’exposition. Avec Le Café dans le bois de Bonnard (1896), on est plongé dans le Paris de la Belle Epoque qu’apprécient les deux collectionneurs. L’accrochage des œuvres, au fil des salles, joue de thématiques chères aux Hays : la vie à Paris, le dessin et les affiches, les vanités, les scènes d’intimité, les portraits de société… Dans chaque section, au visiteur de piocher parmi les œuvres. En vrac : Belles aux paillettes d’or de Jean-Louis Forain (1886), Citron et verre d’Eva Gonzalès, Danseuse à mi-corps se coiffant de Degas (v.1900-1912), La Sœur aînée de James Tissot (v.1881).

Café dans le bois, Pierre Bonnard,1896, © musée d'Orsay

Café dans le Bois, dit aussi Jardin de Paris, 1896, Huile sur toile, 49 x 33 cm © DR © ADAGP, Paris 2013

Paravent à trois feuilles avec grue, faisans et oiseaux, canards de papillons, Pierre Bonnard © DR

Paravent à trois feuilles avec grue, faisans et oiseaux, canards et papillons, 1889 Détrempe sur toile © DR © ADAGP, Paris 2013

Bouquet final
Vient ensuite la salle réunissant les chefs-d’œuvre symbolistes et nabis. On est accueilli par le paravent écarlate de Pierre Bonnard (1889). Les panneaux Le Printemps et L’Automne de Maurice Denis puis des Jardins publics de Vuillard font voir les Nabis en grand. Ceux qui ne connaissent pas Edouard Vuillard tomberont sous le charme de ses scènes du quotidien, tout en couleur et délicatesse comme Le Petit Déjeuner devant la fenêtre (v.1892), les autres en redemanderont. Avec Les Bas rouges, Albert Marquet introduit le fauvisme comme un bouquet final de l’exposition. On sort presque étourdi de couleurs primaires de cette salle.
Si la passion française des Hays donne du rêve américain au musée d’Orsay – et sans doute à son conservateur comme l’analyse Le Parisien -, ne tardez pas à aller voir cette collection qui retraverse l’Atlantique le 18 août.

Musée d’Orsay – Une passion française, la collection Marlene et Spencer Hays – 16 avril-18 août 2013

Sur l’affiche : Edouard Vuillard, Fillettes se promenant, v.1891 © Photographie John Schweikert

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