« Paris Haute Couture » : mode de haute tenue

l-affiche-de-l-exposition-paris-haute-couture-a-l-hotel-de-villeJusqu’au 6 juillet, l’hôtel de Ville de Paris présente, avec le concours du musée Galliera, l’exposition « Paris Haute Couture ». A côté des dessins, croquis, photographies d’atelier, une centaine de modèles révèlent le dynamisme créatif des maisons de haute couture française depuis plus d’un siècle.

Si aujourd’hui on compte une petite dizaine de maisons de haute couture en France, elles étaient plus d’une centaine en 1946. Avec des critères élaborés en 1945 (travail à la main, deux ateliers nécessaires, surface de tissus minimum à utiliser, deux défilés par an…), ces lieux de création ont travaillé formes, matières et couleurs pour le bonheur des dames tout en contribuant à l’histoire du vêtement. Ce qui pouvait paraître superflu est devenu patrimoine.
Et les pièces présentées dans une pénombre nécessaire à leur bonne conservation ne peuvent qu’éblouir. Avant ce défilé imaginé par les spécialistes du musée Galliera, l’exposition dresse le décor. Car un modèle avant d’être dévoilé est pensé, conçu et réalisé. Les mains de Jeanne Lanvin, Gabrielle Chanel ou de Robert Piguet prises en photo par François Kollar sont mises en parallèle avec les petites mains des ateliers dans leur quotidien : drapage, pose de garniture, essayage. Installées dans les immeubles haussmanniens du quartier de l’Opéra et de la place Vendôme, les ouvrières déjeunent à la va-vite au milieu des pans de tissus – une ambiance qui semble perdurer quand on pense aux récents reportages de Loïc Prigent.
L’exposition continue en se concentrant sur le rôle des dessins d’atelier. Ceux des couturiers où la précision de Madame Grès se confronte aux esquisses colorées de Christian Lacroix. Ceux qui consignent les modèles et qui sont rapidement remplacés par la photographie. Entre le papier et le tissu, la demi-toile, modèle en toile de coton et annoté permet de comprendre l’évolution du travail jusqu’à la réalisation finale, ici avec un modèle Chanel de la saison 2012.
Défilé imaginé
On découvre enfin la centaine de modèles sélectionnés. Derrière des vitrines ou sur les estrades, les robes invitent à découvrir plus d’un siècle de création française et notamment parisienne. Et comme la mode peut paraître un éternel recommencement, le choix de faire des analogies entre différents modèles est pertinent. Ainsi le manteau grand soir « Sésostris » de Paul Poiret, 1923 amène à regarder de plus près le modèle de « Shéhérazade » de Dior par Galliano, 1998. Les robes du soir de Givenchy (automne-hiver 2011-2012) et de Beer (v.1912) ne partagent pas qu’une vitrine en commun.
En progressant dans ce défilé statique, on traverse les époques et les modes justement. Le chapeau-casque de Lanvin, les gants véritablement griffés de Elsa Schiaparelli et les tenues rigoureuses de jour complètent la garde-robe. Les modèles de Agnès ou de Jérôme, la robe du soir « Concerto » de Jeanne Lanvin avec du celluloïd amènent à se concentrer davantage sur les années 1930 où les formes se simplifient et les détails font la différence. Les volumes reviennent après la guerre notamment avec Dior. Et puis des années 1960 à aujourd’hui, les modèles se suivent et ne ressemblent pas.
Si la haute-couture semble parfois complètement déconnectée du quotidien, l’exposition permet de remettre à hauteur d’homme – ou de femme -, des créations qui sont le résultat d’un travail collectif, laborieux, précis et long, loin de l’impression de superficialité qui colle à la mode. Vous avez encore un mois pour découvrir cette garde-robe haute couture. L’entrée est gratuite et sans carton d’invitation.

Jeanne Lanvin - robe concerto

Jeanne Lanvin, robe du soir Concerto, hiver 1934-1935. Collection Musée Galliera. Crêpe de soie crème, col en pastilles de Celluloïd © DR / Mairie de Paris

Le drapage du corsage chez Worth. Paris, 1907. © Jacques Boyer / Roger-Viollet

Le drapage du corsage chez Worth. Paris, 1907.
© Jacques Boyer / Roger-Viollet

Gants, Elsa Schiaparelli, vers 1936,  © Collection Musée Galliera)

Gants, Elsa Schiaparelli, vers 1936, © Collection Musée Galliera)

Jérôme, détail d'une robe du soir, vers 1925. Collection Musée Galliera.  © DR / Mairie de Paris

Jérôme, détail d’une robe du soir, vers 1925. Collection Musée Galliera. © DR / Mairie de Paris

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Site : http://www.paris.fr/loisirs/les-grands-rendez-vous/paris-haute-couture/presentation-de-l-exposition/rub_10210_stand_126385_port_25680

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