Les Macchiaioli : des impressions italiennes

Macchiaioli afficheDu 10 avril au 22 juillet 2013, le musée de l’Orangerie de Paris présente l’exposition « Les Macchiaioli 1855-1874. Des impressionnistes italiens ? ». Au-delà de la question posée, on peut admirer des œuvres lumineuses rarement vues en France.

Non « macchiaioli » n’est pas le nom d’une nouvelle marque de pâtes mais celui d’un groupe de peintres toscans actifs à la fin du XIXe siècle, en pleine période du Risorgimento. Avec Florence comme point de ralliement, ces peintres soutenus par le mécène Diego Martelli, souhaitent rompre avec la tradition picturale néoclassique et romantique alors en cours. La tache (macchia) devient leur marque de fabrique et leur donne un nom : les macchiaioli (les tachistes en français). Inspirés par l’Ecole de Barbizon, ils prennent le maquis (autre traduction de macchia) toscan avec toiles et pinceaux pour travailler en pleine lumière. Et quelle lumière ! Une atmosphère solaire habite les tableaux qui optent souvent pour des formats panoramiques. Ne manquez Les Hauteurs de Odoardo Borrani (v.1861). La campagne italienne et les bords de mer livournais sont les motifs favoris de ses maquisards de la palette. Formes simplifiées, cadrage novateur et surtout traitement de la lumière et de l’ombre, les macchiaioli livrent des impressions pleines de vérité.
Quotidien italien
Conscients de la société en mouvement qui les entoure, ils peignent aussi le quotidien comme Telemaco Signorini dans cette Scène de halage dans le parc des Cascine à Florence. A fleur de sol, le spectateur est immobile devant ces hommes accablés par l’effort et le soleil. Engagés politiquement, ils suivent de très près les événements qui aboutissent à l’Unité italienne. La Sentinelle de Giovanni Fattori traduit cette nouvelle approche réaliste dans le traitement d’une scène militaire. Enfin, ces peintres toscans s’illustrent dans les scènes intimes à la portée parfois cinématographique : Les Fiancés de Silvestro Lega, peuvent évoquer cette scène du Parrain où Al Pacino fait la cour à sa fiancée sicilienne.

Telemaco Signorini, Scène de halage dans le parc des Cascine à Florence, 1864, Collection particulière, courtesy of J.-L. Baroni Ltd.             Giovanni Fattori, La Sentinelle, 1871, Collection particulière

Silvestro Lega, Les Fiancés, 1869, Musée des sciences et techniques Léonard de Vinci, Milan

Avec cette exposition, le musée de l’Orangerie remet en lumière des peintres peu connus dans notre pays, l’impressionnisme français balayant parfois tout sur son passage. Après les Espagnols en 2012 – avec L’Espagne entre deux siècles -, les Italiens sont donc au programme du musée qui a vu sa fréquentation augmenter de 20 % l’année dernière. Ils occuperont les sous-sols du musée jusqu’au 22 juillet.

Site officiel : http://www.musee-orangerie.fr/index_u1l2.htm

Illustrations :
– Affiche de l’exposition – Aperçu, Giovanni Fattori, La Rotonde des bains Palmieri (Livourne), 1866, Florence, Palazzo Pitti.
– Telemaco Signorini, Scène de halage dans le parc des Cascine à Florence, 1864, Collection particulière, courtesy of J.-L. Baroni Ltd.
– Giovanni Fattori, La Sentinelle, 1871, Collection particulière.
– Silvestro Lega, Les Fiancés, 1869, Musée des sciences et techniques Léonard de Vinci, Milan.

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