Capa, Taro et Chim posent leur Valise mexicaine à Paris

Musée d'art et d'histoire du JudaïsmeDu 27 février au 30 juin 2013, le Musée d’art et d’histoire du Judaïsme (MAHJ) accueille l’exposition La Valise mexicaine. Disparue en 1939 et retrouvée en 2007 au Mexique, la valise constituée de trois boîtes de rouleaux de pellicule offre une documentation inédite sur la guerre d’Espagne avec 4 500 photographies. Elle met aussi en lumière le travail de trois photoreporters en pleine action : Robert Capa, Gerda Taro et Chim.

Photographier la guerre, rendre compte des batailles, témoigner par l’image de la souffrance des populations, l’exposition La Valise mexicaine fait un écho puissant au récent décès d’Olivier Cousin en Syrie. Et si Life dans un numéro d’août 1937, se posait déjà la question de la nécessaire présence de photographes sur les champs de guerre, l’exposition y répond par l’affirmative.
Ils sont trois, deux hommes et une femme et ont traversé l’Espagne pour couvrir le conflit qui, à partir de 1936, oppose Républicains et nationalistes. Robert Capa, Gerda Taro et David Seymour connu sous le pseudo de Chim sont jeunes, curieux et engagés pour la cause républicaine. Leurs clichés pris lors des différentes batailles mais aussi au plus près de la population espagnole font la couverture de Regards, emplissent les pages de Life pour témoigner du violent conflit qui touche la péninsule ibérique.
Boîtes de pellicule, carnets de contact, planches-contacts jusqu’à la publication finale, l’exposition souligne le travail du photoreporter dans une scénographie dynamique. Les repères géographiques et les explications historiques complètent le dispositif sans jamais mettre les images au second plan. Impossible d’ailleurs au vu de la qualité des compositions des trois photographes.

      


Au cœur de l’action
Présentés par série, les travaux photographiques viennent témoigner d’une bataille, d’une manifestation, de la vie quotidienne. Rapidement, des particularités se dessinent entre les trois. Quand Robert Capa se veut au cœur de l’action, Chim privilégie les scènes d’un quotidien bouleversé. Taro, quant à elle, alterne entre champs de bataille et compositions plus construites. De Chim, on retient donc les portraits comme cette femme allaitant son enfant lors d’un discours politique à Badajoz ou ces enfants à Montjuic. Avec Capa et Taro, on se frotte à la vie de tranchées près de Madrid, on marche avec les combattants loyalistes, on découvre Madrid en ruine. Le témoignage de ces trois jeunes personnes se complète, s’additionne. Et si Gerda Taro trouve la mort sur le terrain en 1937, les deux photographes, fondateurs de la coopérative Magnum, poursuivent leur travail sur les différentes scènes de guerre de la seconde moitié du XXe siècle.
Plus de 70 ans après le début du conflit, ces images redécouvertes racontent encore et rendent d’autant plus nécessaires les photographies qui sont prises aujourd’hui dans les pays en guerre.

L’exposition est organisée par l’International Center of Photography de New York. Elle a été présentée dans plusieurs villes espagnoles et aux Rencontres internationales d’Arles en 2011.
Site du Musée d’art et d’histoire du Judaïsme : www.mahj.org
Site de l’International Center of Photography : www.icp.org

Photos © International Center of Photography
Chim, Femme allaitant lors d’un discours politique à Badajoz, 1936
Gerda Taro, Soldat républicain à moto, Segovia, 1937
Robert Capa, Bataille de Teruel, 1937

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