Les voyages estampillés de Hiroshige

Jusqu’au 17 mars 2013, la Pinacothèque de Paris présente deux expositions en parallèle : Van Gogh, rêves de Japon et Hiroshige, l’art du voyage. Les objectifs : faire découvrir l’œuvre du maître de l’estampe et son influence sur l’œuvre du peintre des Tournesols.

Jouons franc jeu : ma visite à la Pinacothèque s’est concentrée sur Hiroshige. Je n’ai même pas mis un pied dans la seconde exposition mais il me reste quelques jours pour le faire. La Pinacothèque avait de bons arguments pour que je me limite à la seule visite du travail de Hiroshige. Le panneau de présentation me vantait en effet le premier accrochage d’autant d’estampes du Japonais si peu connu en France mais admiré par ses concitoyens. Composée de 200 estampes ayant fait le voyage depuis le Musée d’ethnologie de Leyde aux Pays-Bas, l’exposition valait donc la visite pour elle-même.
Utagawa Hiroshige (1797-1858) est un maître de l’art de l’Ukiyo-e, littéralement                « images du monde flottant ». Issu d’une famille de samouraï, il dessine dès son plus jeune âge et intègre une école rapidement. Le parcours de la Pinacothèque débute par des œuvres s’inscrivant dans la tradition d’estampes souvenirs. De nombreuses informations techniques et géographiques accompagnent chaque image. Parfois trop nourries, elles nous permettent d’avoir un soutien. Autant le dire : on peut se sentir un peu perdu face aux séries de paysages qui se succèdent devant nos yeux.
Repères esthétiques
A la fois scènes de la vie quotidienne dans les villes et les campagnes japonaises, ces images issues de gravure sur bois sont aussi support de méditation. Nos repères esthétiques peuvent se sentir désemparés. Trois grands travaux d’Hiroshige nous mettent sur la voie. La série du Tokaido figure les grandes étapes reliant Edo (actuel Tokyo à Kyoto) par la route du sud. Routes, auberges, bords de mer, montagne, ces images de paysage donnent toute la dimension de la nature et des éléments (neige, pluie, vent). Le voyage est évoqué par la présence humaine, les hommes portant des charges, se reposant au pied d’un arbre, marchant dans les rizières. On se penche pour voir de plus près, pour contempler les scènes de vie. On recule pour saisir le tout et contempler l’harmonie trouvée. La deuxième série prend la route du nord pour le même voyage (Kisokaido). Un certain essoufflement peut arriver. Et quand on sait que l’artiste n’a pas fait la route en entier et a emprunté des images dans des livres de voyage pour cette œuvre de commande, l’intérêt retombe quelque peu. Reste que la maîtrise de la composition et les effets de stylisation captent le regard. Les cent vues d’Edo clôturent la visite. Dernière grande œuvre de Hiroshige, elle se démarque par des cadrages originaux et des couleurs profondes et lumineuses. Van Gogh attendra donc la fin de ma méditation.

Site de la Pinacothèque de Paris : www.pinacotheque.com

Illustration : Le pin de la lune – Hiroshige dans les Cent vues d’Edo

Du Pop sur le Net – Semaine du 11 février 2013

Un bunker sous la gare de l’Est, l’Opéra Garnier qui fait un appel aux dons, une affiche des Oscars à décrypter, une île mystérieuse à New York, un festival pour se mettre au vert, voici cinq liens pour une semaine de pop culture sur le Net.

Un bunker sous la gare de l’Est
Un bunker de 120 m2 se cache sous les voies de la gare de l’Est. Salle de machinerie, standard téléphonique, portes blindées, l’endroit est resté dans son jus depuis sa création au début de la Seconde Guerre mondiale. Les photos à voir ici :
http://www.minutebuzz.com/insolite–visite-dun-ancien-bunker-sous-la-gare-de-lest-en-7-photos-22637/

L’Opéra fait appel aux dons pour rénover sa ceinture de lumière
Lampadaires, candélabres, cariatides et colonnes lumineuses de l’Opéra Garnier ont besoin de retrouver leur lustre d’antan. Le temple de la musique et de la danse en appelle au grand public pour aider à cette rénovation. Avec un coût de 15 000 euros pour un lampadaire à 150 000 euros pour une colonne rostrale, les donateurs vont devoir être nombreux et/ou très généreux. La campagne à découvrir ici :
http://www.ceinturedelumiere.fr/accueil.htm#/fr/accueil

L’affiche des Oscars à décrypter
Vous êtes cinéphile ? A vous de deviner les films cachés dans les 85 statuettes de l’affiche des Oscars 2013. L’affiche à détailler ici :
http://www.telerama.fr/cinema/l-affiche-de-la-85e-c-r-monie-des-oscars-d-voil-e,93357.php

L’île mystérieuse de New York
Abandonnée depuis 1963, cette petite île située entre les boroughs du Queens et du Bronx à New York a abrité un hôpital. Aujourd’hui, la nature a pris le dessus sur les ruines loin de l’agitation urbaine. Les photos à voir ici :
http://imgur.com/a/J7sv8?gallery

Un festival pour se mettre au vert
La 30e édition du Festival international du film d’environnement a lieu du 19 au 26 février 2013 dans plusieurs salles d’Ile-de-France. Pour vos envies de nature, le programme sur le site officiel, c’est ici :
http://www.iledefrance.fr/festival-film-environnement/le-festival/

Joel Meyerowitz : photographe de rues et de couleurs

Du 23 janvier au 7 avril 2013, la Maison européenne de la photographie présente une rétrospective de Joel Meyerowitz. Photographe de rue, Meyerowitz est aussi un des premiers à expérimenter la couleur dans son médium et de façon quasi exclusive à partir du début des années 1970.

Directeur artistique, Joel Meyerowitz quitte son emploi après avoir vu Robert Frank lors d’une séance photo. A travers la gestuelle artistique et le tempo de Frank face à son modèle, Meyerowitz comprend que lui aussi est photographe. Commence alors pour ce jeune homme qui s’est forgé, dans le Bronx, son quartier d’enfance, une capacité d’observation, une carrière de photographe de rue aux Etats-Unis et aussi en Europe, en noir et blanc et beaucoup en couleur.
Dans les longues rues de New York, il saisit des visages et des situations, joue des symétries, crée des anecdotes photographiques et souvent ludiques. Les bras de cette femme portant une cape sont-ils ceux dans cette vitrine de magasin ? Meyerowitz capte le quotidien, les mouvements et les postures des New Yorkais avec grâce et bienveillance.

Joel Meyerowitz                      Joel Meyerowitz

Un « permis de voir »
Après Big Apple, le photographe exerce son œil en Europe. France, Allemagne, Angleterre et surtout Espagne où il séjournera avec des Gitans, ses images entre noir et blanc et couleurs, figurent des caractéristiques européennes sans tomber dans les clichés : la rue parisienne en couleur ou la procession espagnole marquent par leur composition forte toujours à sens multiple. Comme si « porter un appareil photographique (lui) donnait un permis de voir », Meyerowitz nous montre de plus en plus.

Joel Meyerowitz      Joel Meyerowitz

Les possibilités de la couleur
Au début des années 1970, Meyerowitz choisit de se consacrer à la couleur. Profondeur de champ réduit, teintes sales, les clichés de New York contrastent avec la douceur de la série réalisée à Truro dans le Massachusetts. Quand il shoote l’Amérique profonde, les images de brownstones et de routes ne sont pas sans rappeler certaines toiles de Hopper. Il expérimente les possibilités de la couleur et nous en livre le résultat. En 1978, il sort Cape Light, livre de référence pour les photographes de la couleur mais qui est peu évoqué dans l’exposition. La visite prend fin sur trois différents travaux démontrant la curiosité de l’artiste et son ancrage dans le réel : une série de portraits, une sur les éléments naturels, et son travail sur la destruction des ruines du World Trade Center.
L’exposition condense de l’oeuvre de Meyerowitz. On aimerait pousser les murs de la MEP pour permettre davantage d’accrochages. A la librairie, pour poursuivre la découverte de cet artiste, pas de catalogues d’exposition mais un cher coffret de toute son œuvre est proposé par Phaïdon. On se retranche sur le site Internet de la maison d’édition pour entendre Meyerowitz parler de son travail avec simplicité et passion. Un homme vraiment haut en couleurs.

Joel Meyerowitz      Joel Meyerowitz

   Joel Meyerowitz    Joel Meyerowitz

Les interviews de Meyerowitz : http://fr.phaidon.com/store/photography/joel-meyerowitz-taking-my-time-9780714865027/

Le site de la MEP : http://www.mep-fr.org/

Les photos : © Joel Meyerowitz, Courtesy Hôtel des Arts de Toulon
– New York, 1963
– New York, 1963
– Paris, France, 1967
– Malaga, Espagne, 1967
– New York, 1976
– Harturing House, Truro, Massachusetts, 1976
– Saint Louis, Missouri, 1978
– Jouets dans une galerie près du World Trade Center, 2011

Du Pop sur le Net – Semaine du 4 février 2013

Les manuscrits de Tombouctou, le top des expositions parisiennes, Nouvel An chinois, Man Ray à Londres, un nouveau pion dans le Monopoly, voici cinq liens pour une semaine de pop culture sur le Net.

Les manuscrits de Tombouctou sous surveillance
« Si tu touches à nos manuscrits, c’est comme si tu nous as déjà tués ». Au Mali, des habitants de Tombouctou usent de stratagèmes pour protéger leur patrimoine écrit. Reportage à voir ici :
http://www.rts.ch/video/info/journal-19h30/4634230-mali-une-grande-partie-des-vieux-manuscrits-de-tombouctou-a-pu-etre-sauvee.html

Les expositions parisiennes au top
Retour dans un article du Figaro sur le succès rencontré par les grandes expositions organisées dans la capitale. Interview des conservateurs, techniques de marketing, l’article dresse aussi le top 5 des expositions en nombre de visiteurs depuis 1960 avec, surprise, l’artiste contemporaine Joana Vasconcelos en tête. Article à retrouver ici :
http://www.lefigaro.fr/sortir-paris/2013/01/30/03013-20130130ARTFIG00511-la-folie-des-expos.php

Nouvel An chinois
Dimanche 10 février, l’entrée dans l’année du serpent se célèbre aux quatre coins de Paris. Le programme ici :
http://www.lefigaro.fr/sortir-paris/2013/02/08/03013-20130208ARTFIG00561-nouvel-an-chinois-2013-o-le-feter-a-paris.php

Man Ray à la National Portrait Gallery de Londres
De passage à Londres, allez découvrir Man Ray à travers ses portraits photographiques. 150 clichés présentent la vie de l’artiste à travers les personnes qu’il a rencontrées et souvent photographiées. Rare, un portrait de Catherine Deneuve par l’Américain. Elle dure jusqu’au 25 mai 2013. La dépêche AFP illustrée à lire ici :
http://www.francetv.fr/culturebox/man-ray-photographe-expose-a-londres-132177

Le chat : nouveau pion du Monopoly
Après un concours faisant appel aux internautes, l’éditeur du Monopoly a renouvelé les pions du jeu aux billets de banque. Le fer à repasser, pion le moins apprécié par les joueurs a été remplacé par le chat et rejoint donc le chien, la brouette, la voiture, le dé à coudre… L’article à lire ici :
http://www.huffingtonpost.fr/2013/02/06/monopoly-lance-une-campagne-vote-mondiale-facebook-pour-remplacer-un-pions-historiques_n_2623924.html?ncid=edlinkusaolp00000003

Photo : Catherine Deneuve, 1968 by Man Ray Private Lender  © Man Ray Trust ARS-ADAGP / DACS

Du Pop sur le Net – Semaine du 28 janvier 2013

Photo de guerre, les amoureux japonais, le photomaton 3D, 5Pointz en danger, la jambe de Mrs. Robinson, voici cinq liens pour une semaine de pop culture sur le Net.

La vie des photos
Une photo se prend en un clic mais vit pendant des années. La preuve avec cet article relatant l’histoire de Vladimir Vrnoga qui, vingt ans après vécu la guerre à Sarajevo, se reconnaît dans une photographie de Patrick Baz. L’histoire à lire ici :
http://blogs.afp.com/makingof/?post%2F2013%2F01%2F15%2Fsarajevo-vladimir-vrnoga-patrick-baz#.UQpAkL-zJ8E

A cœur et à cri
Les Japonais prennent de l’avance en célébrant la fête des amoureux le 31 janvier. A cette occasion, ils haussent le ton pour déclarer leur flamme. Quand romantisme rime avec hurlement, c’est à lire ici :
http://madame.lefigaro.fr/societe/lamour-dans-parc-300113-343670

Ta tête en 3D
Scanner et imprimante 3D ont été réunis pour composer le premier photomaton 3D. Il se trouve dans un centre commercial toulousain et pour un prix compris entre 15 et 30 euros, il vous fait la tête en 3D. Explications ici :
http://www.generation-nt.com/premier-photomaton-actualite-1687612.html

Quand le graffiti fait dans le patrimoine
A New York, dans le Queens, 5Pointz est un ensemble d’usines désaffectées sur les murs desquelles les graffeurs viennent dessiner depuis plus de 20 ans. Voué à la destruction, le lieu est défendu par le collectif d’artistes contre les projets immobiliers du propriétaire. L’histoire de 5Pointz, c’est ici :
http://www.lesinrocks.com/2013/01/30/actualite/dans-le-queens-les-graffeurs-bombent-le-torse-pour-sauver-le-seul-musee-du-graffiti-au-monde-11347684/

L’anecdote de la semaine : A qui appartient la jambe dans l’affiche du Lauréat
La jambe au premier plan de l’affiche du Lauréat (The Graduate) appartient à … Linda Gray alias Sue Ellen dans Dallas. Mannequin au début de sa carrière, l’actrice aurait été payée 25 dollars pour être la jambe de Mrs. Robinson. La révélation, c’est ici :
http://people.premiere.fr/Photos-people/PHOTOS-Decouvrez-la-star-qui-a-prete-sa-jambe-a-Mrs-Robinson-dans-Le-Laureat-3651492