Collection Howard Greenberg : Une vision américaine

Du 16 janvier au 21 avril 2013, la Fondation Henri Cartier-Bresson présente une centaine de photographies de la collection privée du galeriste américain Howard Greenberg. Rigueur dans la qualité des tirages et pertinence dans le choix des auteurs, la collection recouvre tout un siècle de photographie américaine.

« La photographie représentait tout ce qui comptait pour moi ». D’abord photographe, Howard Greenberg devient galeriste et s’installe à New York au milieu des années 1980. Il achète régulièrement des tirages qu’il lui passe devant les yeux tout en se rappelant qu’il est « avant tout marchand, le collectionneur venait ensuite ». En plus de 30 ans de carrière, l’homme est devenu le plus réputé marchand de photographies américaines mais également un fin connaisseur de l’histoire du médium photographique. Editeur, auteur, professeur, juré, Howard Greenberg fait ce qui compte pour lui.
La photographie américaine en concentré
La Fondation Henri-Cartier Bresson dévoile une autre facette de l’Américain en exposant une centaine d’œuvres de sa collection privée – elle en rassemble 500 -. Réparties dans les deux salles de la Fondation, les images, même si son propriétaire s’en défend, sont un concentré de l’histoire de la photographie américaine. Quelques tirages des années 1880 comme Le repère de bandits de Jacob Riis (1888) assoit chronologiquement la collection. Les Modernes des années 1920-1930 imposent leur géométrie et leur humanisme avec Walker Evans, Dorothea Lange, Edward Steichen. Puis viennent les années post guerre avec les photographes de rue : Leon Levinstein avec ce portrait en gros plan d’un homme sur la Cinquième avenue (ca 1959), Ruth Orkin avec La jeune femme américaine en Italie (1951), Bruce Davidson, Lee Friedlander, Leonard Freed, Saul Leiter, Roy DeCarava, autant d’artistes appréciés par Greenberg qui les a exposés et fait connaître. Les artistes de l’école tchèque (Josef Sudek, Frantisek Drtikol…) complète avec finesse cette sélection.
Une ligne photographique
L’exposition entraîne le visiteur dans un parcours formel. Si les photos couvrent le siècle, leur présentation n’est pas chronologique. Elle se confronte les unes aux autres par leur sujet et leur style. Quelques images iconiques telles que le Déjeuner au sommet d’un gratte-ciel de Charles C. Ebbets n’entament pas la linéarité de la présentation. Une preuve que le collectionneur a été fidèle dans ses goûts et ses intérêts artistiques. A voir comme une autobiographie en images.

                

Site officiel : www.henricartierbresson.org/

Photos
– Leon Levinstein, Cinquième Avenue, ca 1959 © Howard Greenberg Gallery / Courtesy Howard Greenberg Gallery
– Jacob Riis, Repaire de bandits, 1888 © Howard Greenberg Gallery / Courtesy Howard Greenberg Gallery
– Ruth Orkin, Jeune femme américaine en Italie, 1951 © Ruth Orkin / Courtesy Howard Greenberg Gallery
– Charles C. Ebbets, Déjeuner au sommet d’un gratte-ciel, 1932 © Howard Greenberg Gallery / Courtesy Howard Greenberg Gallery

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