Photographie : Eva Besnyö se découvre au Jeu de Paume

Jeu de PaumeDu 22 mai au 23 septembre 2012, le Jeu de Paume présente la première rétrospective française de la photographe Eva Besnyö. « L’image sensible » revient sur le travail riche et multiple de cette photographe d’origine hongroise adoptée par les Néerlandais dans les années 1930.

Il existe peu de mentions de l’œuvre d’Eva Besnyö dans les livres de l’histoire de la photographie. Aux Pays-Bas, l’artiste fait pourtant référence dans son domaine de prédilection, la photographie. Arrivée en 1932 dans le pays après un passage à Berlin, la jeune Eva, d’origine hongroise, est au cœur de la révolution que connaît le médium photographique. Rejet du pictorialisme, influence de la Nouvelle Objectivité puis de la Nouvelle Vision, Eva adopte les éléments de langage modernes et les applique à ses sujets : les Tsiganes de sa Hongrie natale, les ouvriers berlinois, les enfants, son mari et son cercle d’amis. Ombre, plongée et contre-plongée, lignes verticales et horizontales, ses compositions soulignent la beauté du quotidien, du banal. Le garçon au violoncelle, le charbonnier, le stade de Berlin, les paysages de Westkapelle, autant de photographies qui s’inscrivent dans une recherche formelle sur des sujets très personnels. Une première exposition lui permet de se faire remarquer par le monde des architectes. Cinéma, villas privées, siège de la radio AVRO, Besnyö applique avec succès et sur commande son langage photographique aux nouvelles constructions.

             

De la forme au contenu
La Seconde Guerre mondiale change son regard. Professionnellement, son travail sur la ville de Rotterdam en ruine lui fait prendre conscience que la forme ne doit plus prévaloir car le contenu est toujours plus important. Elle s’inscrit alors dans le mouvement documentaire. Ses engagements n’en deviennent que plus forts. Membre de l’association des photographes-ouvriers en 1933, Eva prend part à la fondation du département photographie à la Fédération des artistes associés néerlandais en 1945. Sa fibre humaniste lui donne l’occasion de participer, en 1955, à l’exposition mondiale « The Family of Man » organisée par Steichen. Dans les années 1970, elle se rapproche du groupe féministe des Dolle Mina et devient leur photoreporter officielle. De la fin de l’exposition, on retient ses clichés de rues mais aussi des portraits notamment celui de sa belle-mère, la peintre, Charley Toorop. A ne pas rater également, le documentaire filmé montrant la photographe avancée en âge choisissant les photos qui seront léguées au Maria Austria Instituut Amsterdam. Déchirant certains tirages, se questionnant sur l’intérêt d’un autre, le film montre la part d’incertitude, d’hésitation du photographe mais surtout un caractère affirmé que l’on a, étrangement, décelé tout au long de l’exposition.

Site officiel : http://www.jeudepaume.org/
Photos © Eva Besnyö / Maria Austria Instituut Amsterdam

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