Photographie : Eva Besnyö se découvre au Jeu de Paume

Jeu de PaumeDu 22 mai au 23 septembre 2012, le Jeu de Paume présente la première rétrospective française de la photographe Eva Besnyö. « L’image sensible » revient sur le travail riche et multiple de cette photographe d’origine hongroise adoptée par les Néerlandais dans les années 1930.

Il existe peu de mentions de l’œuvre d’Eva Besnyö dans les livres de l’histoire de la photographie. Aux Pays-Bas, l’artiste fait pourtant référence dans son domaine de prédilection, la photographie. Arrivée en 1932 dans le pays après un passage à Berlin, la jeune Eva, d’origine hongroise, est au cœur de la révolution que connaît le médium photographique. Rejet du pictorialisme, influence de la Nouvelle Objectivité puis de la Nouvelle Vision, Eva adopte les éléments de langage modernes et les applique à ses sujets : les Tsiganes de sa Hongrie natale, les ouvriers berlinois, les enfants, son mari et son cercle d’amis. Ombre, plongée et contre-plongée, lignes verticales et horizontales, ses compositions soulignent la beauté du quotidien, du banal. Le garçon au violoncelle, le charbonnier, le stade de Berlin, les paysages de Westkapelle, autant de photographies qui s’inscrivent dans une recherche formelle sur des sujets très personnels. Une première exposition lui permet de se faire remarquer par le monde des architectes. Cinéma, villas privées, siège de la radio AVRO, Besnyö applique avec succès et sur commande son langage photographique aux nouvelles constructions.

             

De la forme au contenu
La Seconde Guerre mondiale change son regard. Professionnellement, son travail sur la ville de Rotterdam en ruine lui fait prendre conscience que la forme ne doit plus prévaloir car le contenu est toujours plus important. Elle s’inscrit alors dans le mouvement documentaire. Ses engagements n’en deviennent que plus forts. Membre de l’association des photographes-ouvriers en 1933, Eva prend part à la fondation du département photographie à la Fédération des artistes associés néerlandais en 1945. Sa fibre humaniste lui donne l’occasion de participer, en 1955, à l’exposition mondiale « The Family of Man » organisée par Steichen. Dans les années 1970, elle se rapproche du groupe féministe des Dolle Mina et devient leur photoreporter officielle. De la fin de l’exposition, on retient ses clichés de rues mais aussi des portraits notamment celui de sa belle-mère, la peintre, Charley Toorop. A ne pas rater également, le documentaire filmé montrant la photographe avancée en âge choisissant les photos qui seront léguées au Maria Austria Instituut Amsterdam. Déchirant certains tirages, se questionnant sur l’intérêt d’un autre, le film montre la part d’incertitude, d’hésitation du photographe mais surtout un caractère affirmé que l’on a, étrangement, décelé tout au long de l’exposition.

Site officiel : http://www.jeudepaume.org/
Photos © Eva Besnyö / Maria Austria Instituut Amsterdam

Fondation Louis Vuitton : Frank Gehry amarre son vaisseau de verre dans le Bois de Boulogne

Fin 2013, la Fondation Louis Vuitton s’installera dans le Bois de Boulogne dans un édifice pensé par Frank Gehry.

Les travaux avancent boulevard Mahatma Gandhi dans le Bois de Boulogne. Les palissades ne s’élèvent pas assez haut pour cacher l’énorme structure en acier de Frank Gehry. C’est dans ce bâtiment imaginé par l’architecte du Guggenheim de Bilbao que la Fondation Louis Vuitton ouvrira fin 2013 un espace géant dédié à l’art contemporain. C’est sur un terrain appartenant au Jardin d’acclimatation – géré par le géant du luxe français – que Gehry installe son « vaisseau magnifique qui symbolise la vocation culturelle de la France ». Prenant place dans un des deux poumons verts de la capitale, l’édifice, tout en courbe et transparence, accueillera l’espace d’art contemporain voulu par Bernard Arnault. Après moult péripéties administratives, le chantier a pris du retard mais les grues semblent s’activer pour finir le bâtiment qui atteindra les 45 mètres de hauteur.
Fleur en train d’éclore
Deuxième réalisation parisienne de l’architecte américano-canadien après l’American Center (1993) qui abrite la Cinémathèque, la Fondation LVMH par son envergure et sa place dans un espace peu urbanisé devrait attirer l’œil. La programmation reste encore floue. Le groupe de luxe y installera sans doute sa collection d’art contemporain et un centre d’études et de documentation est prévu. On imagine, à l’image de l’espace culturel situé au 7e étage du magasin des Champs-Elysées, l’organisation d’événements et d’exposition de jeunes artistes. Vaisseau, nuage de verre ou fleur en train d’éclore, le bâtiment dont le projet remonte à 2006 a encore plus d’an pour déployer sa couverture quasi végétale. Mais aussi, s’inscrire dans un lieu où le public vient davantage chercher un peu de nature le week-end en famille et pas vraiment un endroit où admirer de l’art moderne.

Site officiel : http://www.fondationlouisvuitton.fr/accueil.html
Photo : © Fondation Louis Vuitton

Lu et vu sur le Net – Semaine du 21 mai 2012

Cinq liens pour une semaine de pop culture sur le Net.

Enfants de la télé
Télé-Top-Chrono teste vos connaissances chronologiques du petit écran. Créé par l’INA (Institut national de l’audiovisuel), le jeu vous propose de dater au plus près des séquences télévisées du festival de Cannes, de publicité, de Roland Garros ou des élections présidentielles. Les commentaires et les ritournelles donnent un côté vintage très sympathiques au site. A vous de jouer :
http://www.ina.fr/jeux-communaute/tele-top-chrono/accueil

Enfants de Paris
Après Montmartre et les passages couverts, les visites guidées et théâtrales passent la Seine en direction de la Rive Gauche. Une plongée dans les années 1950 avec « L’espion de Saint-Germain-des-Prés », c’est ce que propose la troupe de comédiens qui modernisent les visites parisiennes tout en leur donnant du kitsch à souhait. A tenter :
http://www.lefigaro.fr/culture/2012/05/21/03004-20120521ARTFIG00475-devenir-detective-a-saint-germain-des-pres.php

En prison pour des sacs en plastique
Accrocher des sacs en plastique lumineux arborant « I love NY » sur des poteaux et des arbres de la « Grosse Pomme » : l’installation artistique a tourné au cauchemar pour le Japonais Takeshi Miyakawa. Celui qui voulait rendre un hommage à la ville de New York a directement atterri en prison. Inquiets, certains passants ont pensé que ces sacs pouvaient être des bombes. A lire :
http://www.huffingtonpost.fr/2012/05/21/sacs-lumineux-bombes-new-york-artiste-japonais-takeshi-miyakawa_n_1532785.html?ref=tw

Les femmes aiment les réseaux sociaux
Les femmes sont largement plus présentes sur les réseaux sociaux que les hommes. Ce constat vient d’une étude des données de Google Adplanner. En tête, Pinterest regroupe 72 % de femmes, Twitter 62% et Facebook 58 %. Retrouvez l’infographie tirée de l’étude ici :
http://www.blogdumoderateur.com/les-femmes-dominent-les-reseaux-sociaux/

Les cheveux d’Obama
Jacob, un jeune noir américain de 5 ans, fait face à Barack Obama dans le bureau ovale. Il a une question à lui poser : Vos cheveux sont-ils semblables aux miens. La réponse d’Obama : Touche petit. Pete Souza, photographe officiel de la Maison blanche était là et il n’a pas raté le cliché. A voir là :
http://www.nytimes.com/2012/05/24/us/politics/indelible-image-of-a-boys-pat-on-obamas-head-hangs-in-white-house.html?_r=1

Jonas Netter : Le collectionneur de l’Ecole de Paris

Modigliani, Soutine, Utrillo mais aussi Valadon, Kisling, Antcher et Durey ont été les peintres collectionnés par Jonas Netter au début du XXe siècle. La Pinacothèque de Paris présente, du 4 avril au 9 septembre 2012, plus d’une centaine d’œuvres réunies par le discret mécène.

C’est en allant actualiser ses papiers d’identité que l’Alsacien Jonas Netter découvre dans le bureau du préfet, un tableau d’Utrillo. Fasciné, il se met à acheter ses toiles par dizaine. Le représentant en marques est déjà un admirateur de Modigliani. Il a d’ailleurs été l’un des premiers à acheter les peintures de l’Italien. Aidé par un poète polonais nommé Zdorowski, il va ainsi constituer une vaste collection dédiée principalement aux peintres de l’Ecole de Paris. C’est par peintre que la Pinacothèque a choisi de disposer les toiles. On commence donc par une série de tableaux de Suzanne Valadon et de Maurice Utrillo. La mère et le fils se rencontrent sur les murs et dans des paysages parisiens et de proche banlieue. Le trait cerné de la mère vient se confronter à la palette blanche et grise du fils. Viennent ensuite les Modigliani, leur calme apparent et leur mystère transperçant. Ici, les visiteurs s’immobilisent, scrutant les regards monochromes des modèles du peintre. Derain et Kisling ont la difficile tâche de nous décoller de Modigliani. Après quelques Vlaminck, Soutine suit avec une patte nerveuse et chargée. L’exposition prend fin avec une nouvelle génération de peintres comme Antcher ou Durey.
En tandem
« Modigliani, Soutine et l’aventure de Montparnasse », le titre de l’exposition déroute un peu car si Montparnasse est en toile de fond, le propos semble autre. Avec cette présentation, le visiteur prend surtout conscience de l’élaboration d’une collection et plus particulièrement de celle de Netter. Le tandem que celui-ci compose avec Zdorowski a permis à de nombreux peintres d’émerger sur la scène parisienne. Les deux hommes, non professionnels sur un marché de l’art alors en plein essor, ont joué un rôle de mécène avec des attributions bien définies. Netter apporte son soutien financier, Zdorowski gère, bon gré mal gré, des artistes grisés par la folie naissante de Montparnasse. Achat de matériel, location de chambre d’hôtel, soins en hôpital psychiatrique, le duo qui découvre des artistes les aide dans leur quotidien. Certaines correspondances reproduites sur les murs éclairent sur les rapports amicaux mais parfois difficiles entre artistes et mécènes. Si les œuvres des peintres se regardent avec admiration, l’exposition met aussi en valeur l’œuvre de collectionneur de Netter.

Site officiel : http://www.pinacotheque.com/

Ton compagnon gouverne, deviens journaliste culturelle

Archäologisches Institut der Universität GöttingenVotre situation personnelle et nationale change ? Vous ne pouvez plus exercer votre métier de journaliste politique ? Devenez alors journaliste culturel. Valérie Trierweiler, compagne du président de la République mais aussi Audrey Pulvar, en couple avec le ministre du Redressement productif sont les premières concernées. Les nouvelles responsabilités de leur jules respectif les obligent à un principe de précaution journalistique. Privées de politique, le premier réflexe consiste à aller voir du côté de la culture.
Irritation
On ne remettra pas ici en cause les capacités journalistiques de ces professionnelles. Tout journaliste doit savoir s’intéresser à un sujet, l’appréhender, et le partager avec le public. Passer de la politique à la culture ne semble donc pas un problème de compétence. C’est plutôt le côté systématique de cette reconversion qui irrite. Il semble que la culture apparaisse comme une issue de secours pour ces femmes qui souhaitent logiquement poursuivre leur carrière. Choisie par elles ou par les médias à leur place et validée par le grand public, cette spécialisation en deviendrait presque un lot de consolation, une parenthèse avant de retourner au cœur de la pratique journalistique. Les journalistes culturels doivent être ravis. La culture serait-elle à la politique ce qu’une première littéraire représente face à une première scientifique.
D’accord, le terme culture recouvrant une réalité vaste et variée, le choix de cette reconversion peut, sans doute, être un prétexte pour rassurer les gardiens de l’éthique journalistique. Cela donne tout de même la fâcheuse impression que l’on envoie ces femmes à leur tricot. Femmes de ministre ou de président, visitez des expositions et sortez au théâtre, messieurs les journalistes scrutent la vie de la cité.
Tonalité politique
Passé ce petit énervement féministe, revenons à la culture. Loin d’être anodine, celle-ci arbore aussi une tonalité politique. Pour être dans la caricature, le travail de Buren trouvera plus d’écho dans Libération et la défense du patrimoine français dans Le Figaro. Comment les choix éditoriaux de ces journalistes, si elles optent pour la culture, seront-ils perçus ? Commentés ? Critiqués ? Ce n’est donc pas leur spécialisation qui est en cause mais bien leur travail de journaliste en lui-même.
Justice – la femme de Michel Sapin, journaliste judiciaire aux Echos s’interroge sur son avenir-, sport, développement durable, mode… peu importe le sujet, ces journalistes, souvent avec des années de carrière derrière elles, vont devoir imaginer une façon d’exercer leur métier pour les années qui sont devant elles. On leur souhaite beaucoup d’inspiration.

Photo : Main de la Vénus de Milo © Archäologisches Institut der Universität Göttingen

Lu et vu sur le Net – Semaine du 14 mai 2012

Cinq liens pour une semaine de pop culture sur le Net.

Instagram : De l’application à l’appareil
Le designer italien De Rosa planche actuellement sur la réalisation d’un appareil photo aux couleurs de l’application Instagram. Ecran tactile, connexion Wifi, zoom optique, le projet De Rosa n’oublie pas la particularité d’Instagram : les multiples filtres qui donnent du cachet à vos clichés. Il fait appel aux contributeurs pour réunir 50 000 dollars qui lui permettraient de concrétiser son projet. Explications et photos ici :
http://www.huffingtonpost.fr/2012/05/16/socialmatic-technologie-appareil-photo-instagram-facebook-techno_n_1520598.html?ref=france

Bulgarie : Le Buzludzha revu et visité
Le photographe britannique Timothy Allen est attiré par les lieux abandonnés. Au cœur de la Bulgarie, il a bravé un rude hiver pour redécouvrir le monument du Buzludzha. Erigé en 1981, le bâtiment aux allures de soucoupe volante domine par sa position et sa monumentalité. Abandonné depuis la fin du communisme, l’endroit se fait photogénique devant l’objectif de Allen. Les photos avant et après avec ce lien :
http://humanplanet.com/timothyallen/2012/02/buzludzha-buzludja-bulgaria/

A la Culture, une femme de moins de 40 ans
Actualité politique oblige, on revient sur la nomination d’Aurélie Filippetti au ministère de la Culture et de la Communication. Portrait et dossiers en attente :
http://www.lefigaro.fr/culture/2012/05/17/03004-20120517ARTFIG00619-aurelie-filippetti-la-normaliennedu-president.php

Gizeh, j’y vais avec mon ordi
Pas l’occasion d’aller en Egypte ? Dassault Systèmes et le musée des Beaux-Arts de Boston vous proposent une visite en 3D du site de Gizeh. Pyramides et chambres funéraires sont accessibles via un site dédié giza3D. Explications ici :
http://www.club-innovation-culture.fr/dassault-et-le-musee-des-beaux-arts-de-boston-font-visiter-le-site-de-gizeh-en-3d-sur-internet/

RER C : La vie de château
Les usagers du RER C voyagent depuis quelques jours dans les plus beaux décors du château de Versailles. Pour redonner un peu de cachet aux vieux wagons de la ligne, la SNCF a joué du sticker reproduisant une partie de la galerie des Glaces, de la bibliothèque de Louis XVI ou figurant des vues du jardin. A quand les contrôleurs en perruque bouclée ?
http://www.lemonde.fr/vous/article/2012/05/17/mon-train-c-est-versailles_1703153_3238.html

Atget : La construction photographique du Vieux Paris

Du 25 avril au 29 juillet 2012, le musée Carnavalet, à Paris, propose une rétrospective du travail photographique d’Eugène Atget. A voir sans modération.

En 2007, la Bibliothèque nationale de France organisait déjà une exposition conséquente sur le photographe Atget. Cinq ans après, au tour de Carnavalet de rendre hommage à ce faiseur d’images du Vieux Paris. Si peu d’années séparent ces deux expositions, c’est que le travail d’Atget est à voir et revoir régulièrement. Infatigable preneur d’images arpentant les rues de Paris avec un matériel de près de 20 kilos sur les épaules, Atget a réalisé un réel travail de mémoire. S’éloignant des grandes transformations réalisées par Haussmann, il a photographié le Paris d’à-côté, celui des cours et des escaliers souvent insalubres, des devantures de bars, des quais de Seine, de la proche banlieue mais aussi des petits métiers de rue, des familles modestes du début du XXe siècle. La rétrospective traduit cette notion de séries en optant pour un accrochage thématique par salle.
De la matière au style
D’abord, matière à travail pour les peintres, sculpteurs mais aussi institutions de la ville de Paris, la méthode documentaire d’Atget est devenu un style. Prises de vues obliques, photographies qui semblent avoir été captées au petit matin, esthétique minimaliste, Atget collectionne, enregistre, construit en images un Paris qui va disparaître incessamment sous peu. Si une simplicité se dégage de ses clichés, avec le recul, on perçoit aussi une certaine étrangeté qui attira d’ailleurs fortement les artistes surréalistes. Si on sourit devant le pittoresque d’une voiture aux chèvres battant le pavé parisien, on s’attarde sur la série des devantures de petits cabarets aux décors Art Nouveau et aux noms parfois décalés.
En sortant de l’exposition, on peut poursuivre la re(découverte) d’Atget. Catalogue d’exposition du musée ou volume de Taschen (9,99 euros), n’hésitez à vous replonger dans le monde d’Atget avec régularité et curiosité.

Site officiel : http://carnavalet.paris.fr/

Lu et vu sur le Net – Semaine du 7 mai 2012

Cinq liens pour une semaine de pop culture sur le Net.

Des jardins au top
Découvrez quelques jardins haut perchés de New York. Potagers, espaces paysagers, des buildings aux brownstones, le vert s’installe dans la Grosse Pomme.
http://ht.ly/1LWgAj

De la photographie participative
Après la musique, le cinéma, la littérature, le financement participatif s’attaque aux livres photographiques. Le principe : un photographe et son projet d’un côté, des internautes prêts à donner de l’argent pour voir des projets se concrétiser de l’autre. Leur rencontre peut donner naissance à un livre photographique. Say cheese !
http://www.crowdbooks.com/

Vers un changement culturel maintenant ?
Nomination d’un ministre, Hadopi, éducation artistique, budget, le monde de la culture attend avec impatience les réponses du nouveau président. Après une symbolique visite de l’installation de Buren au Grand Palais le 9 mai, François Hollande va devoir faire face à des chantiers d’envergure dans le domaine.
http://www.lejournaldesarts.fr/site/archives/docs_article/100254/l-agenda-culture-des-prochains-mois-du-president-francois-hollande.php

Jimi Hendrix en solo cinématographique
Le tournage du film consacré à Jimi Hendrix devrait débuter dans quelques semaines. A l’affiche, le leader du groupe Outkast, André 3000 prend les traits du guitariste légendaire des années 70. Le sujet : les premières années de la carrière de Jimi Hendrix, celles passées au Royaume-Uni à composer son album Are you experienced. Des soucis de droit d’auteur pourraient ralentir la réalisation du film. A suivre.
http://www.lefigaro.fr/…

La maison Schiaparelli rouvre
Diego Della Valle du groupe Tod’s veut ressusciter la maison de mode Schiaparelli. Elsa Schiaparelli est une couturière italo-égyptienne installée Place Vendôme dans les années 30. Inspirée par les mouvements artistiques de son époque, Schiap’ comme elle se faisait surnommer est connue pour être à l’origine, entre autres, du rose Schocking. Les premières créations de la maison devraient être dévoilées en mars 2013. En attendant, le MET de New York présente une exposition conjointe Schiaparelli et Prada.
http://www.lofficielmode.com/2012/05/07/schiaparelli-retour/

Monumenta 2012 : Buren passe des rayures aux pois

Excentrique(s), travail in situDu 10 mai au 21 juin 2012, Daniel Buren investit la nef du Grand Palais dans le cadre de Monumenta, événement d’art contemporain annuel. L’artiste connu notamment pour ses rayures présente « Excentrique(s), travail in situ, une œuvre en ronds et en couleurs.

En ce jour d’ouverture de Monumenta 2012, la longueur de la file d’attente reste raisonnable. En quelques minutes, le visiteur parvient donc à rejoindre l’intérieur de la nef du Grand Palais investie, cette année, par Daniel Buren. De lui, on se souvient bien entendu de son motif fétiche la rayure déclinée sous toutes ses formes : colonnes au Palais Royal mais aussi toile, tissu, mur. Ici l’artiste a opté pour le cercle, forme principale du bâtiment, décliné en couleur et en nombre. A l’entrée, c’est d’abord une forêt de poteaux noir et blanc qui nous accueille. Au sommet de ces troncs métalliques, des grandes pastilles orange, vertes, bleues, jaunes viennent jouent de leur transparence et de leurs reflets. Du sol au plafond – la nef du Grand Palais culmine à 45 mètres – la couleur envahit le lieu. L’effet se révèle plutôt amusant. Fête foraine ou préau d’école, l’œuvre évoque un lieu festif et enfantin. On avance la tête en l’air, la structure métallique de la Belle Epoque passe du bleu au orange en quelques pas. Au centre du monument, les pastilles laissent place à quelques miroirs posés au sol. Une fois dessus, sensation de vertige assurée. Buren n’en a pas fini avec les couleurs puisque quelques vitres de la nef ont été recouvertes d’un film bleu. Puis la forêt dense en couleur reprend jusqu’à la sortie.
Court instant
Si l’installation s’avère ludique et nous fait percevoir la vie en vert ou jaune, l’expérience ne transporte que pendant un court instant. Impossible par exemple de voir l’œuvre du dessus, là où elle peut prendre un tout autre aspect et se confronter à l’architecture – on retrouvera une photo dans le livre de l’exposition (Sur demande du public, le balcon a été ouvert samedi 12 mai). On s’assoit alors sur les marches des bas-côtés, on observe avec plus d’acuité les jeux de lumières sur le sol cimenté qui semble avoir été teinté à la craie. A la faveur d’un rayon de soleil, les couleurs s’intensifient. Puis on entre une nouvelle fois dans cette forêt pop admirant sans cesse la grandeur de la nef en technicolor. A la sortie, il manque tout de même ce sentiment d’une confrontation artistique, ce moment d’étonnement, de questionnement, de rejet ou d’adhésion totale. Dans cette Monumenta, mon émotion a été minimale. A vous de voir.

Site officiel : http://www.monumenta.com/

Michel Blazy : Soirée mousse au Collège des Bernardins

Mercredi 9 mai a eu lieu le vernissage de l’installation de Michel Blazy au Collège des Bernardins. L’œuvre, intitulée « Bouquet final », est à découvrir du 10 mai au 15 juillet 2012 dans l’ancienne sacristie.

En cette soirée de vernissage, l’ambiance est bon enfant sous la magnifique nef du Collège des Bernardins dans le 5e arrondissement de Paris. Enfants courant dans l’immense lieu, serveurs s’activant derrière le buffet, les visiteurs de passage ou habitués du quartier partagent, discutent, se rencontrent. On en oublierait presque pourquoi on est là. Michel Blazy, la quarantaine passée mais une allure d’adolescent, présente son travail réalisé spécialement pour l’institution. Pour le découvrir, il faut quitter la nef et descendre les quelques marches de l’ancienne sacristie devenue lieu d’exposition. C’est ici que l’artiste a installé son « Bouquet final » ou sa fontaine de mousse. Des jardinières posées sur un échafaudage déversent des quantités de mousse à terre. Un parfum frais émane de l’œuvre qui est en constante évolution au cours de la journée. Dans ce déversement généreux dopé par des diffuseurs d’air, des formes se dessinent, des impressions se créent. On y voit des nuages, un paysage de montagne, des glaciers, des formes circulaires, des serpentins, des filaments acidulés. La mousse se fait compacte ici ou se révèle quasi transparente là. Tout à coup, une mini avalanche se produit, un morceau ne peut résister à la loi de la gravitation. Elle transforme l’œuvre qui poursuit sa mue.
Pause ludique
Ludique –  enfants et adultes sont tentés de toucher cette mousse abondante -, l’œuvre introduit aussi une réflexion sur le temps à travers un matériau simple et quotidien. Le temps qui est aussi symbolisé par les vielles pierres de la sacristie ou par la lumière changeante rythmant la journée et filtrée par les grandes baies latérales. C’est un thème cher dans le travail de Michel Blazy. A travers des denrées périssables et des matériaux du quotidien, l’artiste se transforme en observateur des changements, se met au rythme de la nature. Pour les visiteurs, c’est finalement une pause bienvenue, une réflexion sur leurs propres rythmes face à une réalisation qui s’admire aussi dans ses formes. Une pause à répéter pour accompagner les différents phases de l’oeuvre. Tant mieux, l’entrée est libre.

Le Collège des Bernardins
Rue de Poissy dans le 5e arrondissement de Paris, le Collège des Bernardins est un lieu de formation (théologie), de recherche, de rencontres et débats mais aussi d’exposition ouvert au grand public. Créé en 1245 par l’abbé de Clairvaux, le Collège s’installe alors dans le quartier des universités et du savoir. Ils forment plusieurs milliers de moines dans une architecture d’inspiration cistercienne. A la Révolution, le Collège devient prison, entrepôt, une caserne de pompier puis un internat pour l’Ecole de police. En 2004, le diocèse de Paris qui a racheté le bâtiment, l’un des plus grands édifices médiévaux de  la capitale, entreprend de lourds travaux de rénovation. Le Collège s’ouvre au grand public.

Site officiel : http://www.collegedesbernardins.fr/