Campagne présidentielle : Les mots de la culture

Sept mots ou expressions ont retenu notre attention dans les programmes des candidats à la présidentielle quand on vient à parler culture.

Démocratisation : C’est le terme qui revient dans tous les programmes, projets et bilan des candidats à la présidentielle. Si la démocratisation de la culture fait consensus, l’idée est réellement passe-partout. On aurait pu attendre de la part des candidats un peu plus de précision. Bibliothèques, musées, télévision, internet, la France offre tout de même de nombreux lieux de culture ouverts à tous et pour certains gratuits. L’école comme lieu d’accès à la culture est favorisé par presque tous les candidats. Décentralisation, participation active des citoyens, les propositions sont assez semblables d’un programme à l’autre.

Exception culturelle : Toujours présent dans le vocabulaire politique, le terme
« exception culturelle française » se décline selon les candidats. Marine Le Pen le revendique contre la globalisation mondialiste et déclare que cette exception relève « d’une logique de priorité nationale ». François Bayrou préfère parler d’une « singularité culturelle française » définie par un héritage fort et une capacité de projection vers l’avenir. A l’exception, Jean-Luc Mélenchon ajoute la diversité culturelle. François Hollande envisage « une grande loi signant l’acte 2 de l’exception culturelle ».

Hadopi : C’est autour de Hadopi que les candidats jouent aux politiques. Valorisée par Nicolas Sarkozy dans son programme, la loi revient comme un refrain dans tous les programmes consultés, avec les mêmes paroles : on ne veut pas de Hadopi. Contribution des fournisseurs d’accès pour Jean-Luc Mélenchon, licence globale pour Marine Le Pen, les solutions sont moins évidentes pour les autres. François Bayrou reste très imprécis. François Hollande annonce un remplacement de la loi dans son programme mais plutôt une loi repensée dans une tribune dans le Monde en date du 3 mars. Hadopi, un sujet hautement politique.

Intermittent : Le régime particulier de l’intermittence est visé dans plusieurs programmes. Réformé chez Marine Le Pen, il sera complété de structures d’insertion réservées aux nationaux. A gauche, on plaide pour une refonte du système qui protège davantage. Eva Joly prône la création d’un statut du « pluriactif culturel » et des mutuelles pour la protection sociale. La mutualisation est aussi la réponse pour Jean-Luc Mélenchon contre le système de l’intermittence actuel.

Patrimoine : Qui a dit que le patrimoine est une notion de droite ? Les programmes des candidats ne disent pas le contraire. Dans son bilan, Nicolas Sarkozy  confirme la hausse des budgets pour la restructuration du patrimoine. Marine Le Pen se veut offensive sur le sujet en évoquant « les menaces pesant sur notre patrimoine ». Elle annonce un plan d’urgence et un audit sur les ventes faites par l’Etat ces cinq dernières années. Balle au centre avec François Bayrou qui propose un apurement avec un calendrier crédible du soutien à la réhabilitation du patrimoine. Pour les autres, les citoyens resteront un peu sur leur faim. Dommage, le sujet qui passionne les Français, aurait mérité, au-delà de la question de la sauvegarde, une réflexion plus poussée notamment sur des usages nouveaux de lieux historiques.

Presse – audiovisuel : Aide, indépendance, publicité, désignations, comme Hadopi, c’est souvent en réaction aux mesures prises par Nicolas Sarkozy que les candidats définissent leur ligne de conduite. C’est surtout l’indépendance de l’audiovisuel public qui est mise en avant pour les François (Hollande et Bayrou). On notera le projet de loi assez inédit de Marine Le Pen qui interdirait la possibilité que les grands groupes de médias appartiennent à des sociétés en lien avec l’Etat avec des exemples pour ne pas les citer nommément : armement et BTP. Jean-Luc Mélenchon est plus évasif en prévoyant une loi contre les concentrations dans le domaine.

Public-Privé : Pour Eva Joly et Jean-Luc Mélenchon, l’Etat doit être très engagé dans la culture. Pour les Verts, 1 % du budget de l’Etat doit être alloué à la culture. Pour le Front de gauche, un véritable service public de la culture doit être créé contre « le processus de marchandisation de ce domaine. » Pour les deux candidats les plus à gauche, public et privé apparaissent en opposition quand il s’agit de culture. Cette opposition n’apparaît pas dans les autres programmes.

Photo : La Joconde dans les nouvelles salles du Louvre en 1920 / Agence Meurisse

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