Lu et vu sur le Net – Semaine du 26 mars 2012

Cinq liens pour une semaine de pop culture sur le Net.

Week-end prolongé pour les métiers d’art
Vendredi 30, samedi 31 mars et dimanche 1er avril, ont lieu les journées européennes des métiers d’art. Ateliers, centres de formation et monuments en cours de restauration ouvrent, gratuitement pour la plupart des lieux, leurs portes au public. Composez votre itinéraire de visite grâce au site dédié.
http://www.journeesdesmetiersdart.com

Paris tweete en pleine rue
La ville de Paris vient d’installer un panneau électronique appelé Totem digital qui diffuse en direct les petits messages envoyés par les twitteurs sur le compte @Paris. Direction rue de Rivoli à l’angle de la rue Saint-Denis autour du totem.
http://www.paris.fr/accueil/culture/paris-tweete-dans-la-ville/rub_9652_actu_113369_port_24330

Tweeter à cœur ouvert
Twitter encore mais cette fois en direct d’une salle d’opération. Dans un hôpital de Houston aux Etats-Unis, les médecins ont commenté, en direct, une opération à cœur ouvert, par l’intermédiaire du compte @houstonhospital. Aux dernières nouvelles, le patient se porte bien.
http://mashable.com/2012/03/29/live-tweeted-open-heart-surgery/?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+Mashable+%28Mashable%29

Le Time vous demande votre avis
Aidez le Time à composer son top 100 des personnes les plus influentes de 2012. Vous avez jusqu’au 6 avril 2012 pour réaliser votre propre classement. S’il correspond au choix final des éditeurs du magazine américain, vous figurerez dans le numéro spécial.
http://www.time.com/time/specials/packages/article/0,28804,2107952_2107953,00.html

Les enfants font des cartons
Laissez des enfants dans une pièce avec cartons, feutres, ciseaux (à bouts ronds), ils vous bâtiront une ville en carton à leur échelle. Mise en place lors du Festival des enfants de Belfast, cette expérience se découvre en images sur le lien suivant.
http://oonaghmurphy.com/2012/03/26/cardboardcities/

Photo : Le portail Arago ouvert

Le 27 mars 2012, le ministère de la Culture et de la Communication a lancé Arago, le portail qui mettra en ligne, à terme, l’ensemble des collections photographiques conservées en France.

En 1839, François Arago, physicien et homme politique français, présente devant l’Académie des Sciences et des Beaux-Arts réunies les premiers clichés issus du procédé de Daguerre. En 2012, Arago devient le nom du portail Internet dédié aux collections photographiques françaises. C’est un site en construction permanente puisque, pour le moment, seules les photographies de la direction générale des Patrimoines et des établissements publics du ministère sont concernées par ce partage numérique (17 000 à l’heure actuelle). Les photographies à voir proviennent, entre autres, de la Bibliothèque nationale de France, du Centre Georges Pompidou, du musée d’Orsay ou du musée Guimet. A terme, près de 70 000 clichés viendront enrichir ce portail.
Professionnels et grand public
Pour les professionnels, c’est évidemment un outil de recherche et une mine d’informations sur les photographies conservées en France, leur localisation, leur histoire. Pour le grand public, le portail se révèle être un musée virtuel de la photographie comme l’indique la RMN-Grand Palais, au cœur du projet. Par auteurs, thèmes, techniques, collections, galeries, ressources, la navigation se fait en simplicité et élégance. Une notice jouxte chaque photographie. Le site met aussi en ligne biographies de photographes, liens vers des expositions virtuelles ou blog. Le visiteur peut donc voir et trouver des précisions sur un cliché, découvrir une partie de l’histoire de la photographie en quelques clics. Wikiconos invite les détenteurs de fonds à participer au portail et à l’enrichir. Ouvert tous les jours et à toutes heures, ce musée virtuel est bien évidemment gratuit.

www.photo-arago.fr

Les livres en mode recyclage

logoVous commencez un grand nettoyage de printemps et vos étagères croulent sous les livres. Impossible de les jeter. Donnez-les pour la bonne cause.

Vous ne les lirez plus mais ne pouvez vous résoudre à les jeter. Résultat, un sac rempli de livres squatte votre entrée ou encombre votre salon. Une solution s’offre à vous : faire don de ces livres. Oxfam et Recyclivres, entre autres, reprennent vos chers manuscrits pour les remettre dans le circuit marchand mais pas n’importe comment. Oxfam a récemment ouvert trois magasins – les Bouquineries – en France où les livres connaissent une nouvelle vie. Une fois déposés, envoyés ou collectés, les livres sont triés et mis en rayon à des prix réduits. Tous les bénéfices des ventes vont au financement d’actions menées par Oxfam France membre de Oxfam International (Oxford Comitee for Famine Relief), organisation luttant contre la pauvreté dans le monde.
A domicile
Recyclivre fonctionne sur le même principe de collecte. Il revend directement, sur son site Internet, à des prix également intéressants avec une sélection à moins de quatre euros. Toute jeune, l’entreprise fondée en 2008 a décidé de s’inscrire dans une démarche solidaire en reversant 10 % de son chiffre d’affaires à des organisations luttant contre l’illettrisme. Depuis sa création, l’entreprise a déjà rassemblé près de 60 000 euros pour les associations. Avantage non négligeable de la structure : elle vient chercher vos lourds colis à domicile (Paris et communes limitrophes) en camionnette électrique. Vous pouvez aussi déposer vos livres en faisant le déplacement dans le 9e arrondissement de Paris.
Deux façons donc de faire de la place dans vos étagères (vos CDs et DVDs sont aussi les bienvenus) et aussi deux façons de les remplir à nouveau à moindre coût. Bon nettoyage.

Les Bouquineries Oxfam
A Paris :
8 rue Saint-Ambroise 75011
61 rue Daguerre 75014
A Lille :
19 ter rue de l’Hôpital militaire

Recyclivre.com
28 rue de Trévise, 75009 Paris
01 83 62 12 21

Lu et vu sur le Net – Semaine du 19 mars 2012

Cinq liens pour une semaine de pop culture sur le Net.

Hobo by l’Equipe : Sur le terrain du photojournalisme
Mercredi 21 mars, est sorti, en librairie, Hobo, un trimestriel de 200 pages où la photographie voit le sport autrement. A la une du premier numéro : « Du sport sous les balles » ou comment la pratique sportive est indispensable aux militaires stationnés en Afghanistan.
cbnews.fr/articles/categories/médias/hobo-lequipe-se-lance-photojournalisme

Neon : Nouveau magazine d’allumés
Le 21 mars, est aussi sorti Neon, un bimestriel édité par le groupe Prisma et destiné aux 25-35 ans. Adapté d’un format allemand, Neon fait sa première une sur le coup de foudre. Le magazine revendique une ligne éditoriale mêlant décalage, audace et parfois provocation. A voir dans les kiosques.
www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2012/03/19/neon-le-bimestriel-de-prisma-pour-les-25-35-ans_1672314_3236.html

Les (vraies !) histoires de l’art : Vingt chefs d’œuvre et leur (fausse !) face cachée
Mais que s’est-il passé avant le tableau ? Partant d’une vingtaine de chefs d’œuvre de l’histoire de l’art, Sylvain Coissard et Alexis Lemoine ont imaginé, avec légèreté, l’avant du tableau. Libération vous fait découvrir quelques extraits du livre.
next.liberation.fr/arts/11011897-les-tableaux-livrent-leur-secret

Photographies de cuisine : L’illusion du bon et du beau
Des poivrons et des tomates recouverts de vaseline, de la viande passée au cirage, voici quelques recettes pour des photographies de cuisine réussies.
www.foxnews.com/leisure/2012/03/20/hairspray-and-vaseline-secrets-food-photography/

Nouveaux médias : les tendances de 2012
Le labo de l’école de journalisme de Sciences Po a défini huit grandes tendances suite au festival multidisciplinaire (cinéma, musique, Internet) South by South West (SXSW) qui s’est tenu du 9 au 18 mars à Austin, Texas.
blog.slate.fr/labo-journalisme-sciences-po/2012/03/18/les-8-tendances-a-south-by-south-west-2012/

The Lively Morgue : Une nouvelle vie pour les photographies du New York Times

Photo du New York TimesDepuis le 27 février 2012, le New York Times met en ligne ses archives photographiques couvrant plus de 100 ans d’histoire américaine mais pas seulement. A vous d’apprécier et/ou de commenter.

Qui a dit que le New York Times n’était pas un journal intégrant la pratique photographique dans ses pages. C’est avec cette accroche que David W. Dunlap, reporter au journal, présente The Lively Morgue, blog réalisé sous Tumblr, un réseau social qui facilite le partage d’images. Le nom Morgue provient de l’expression utilisée par le personnel du journal pour qualifier les archives photographiques où l’on s’aventure alors pour illustrer un sujet nécrologique. Et il y a du choix dans cette « morgue » que le quotidien veut rendre « vivante ». Le journal peine même à donner des chiffres exacts. Selon son estimation, les archives rassembleraient 5 à 6 millions de clichés et planches contact, 300 000 sacs de négatifs, 13 500 DVD, des milliers de ressources encore à découvrir.
Evénements et vie quotidienne
The Lively Morgue est encore loin de montrer ces millions d’images. Selon un malicieux calcul, il faudrait attendre l’année 3935 pour découvrir en ligne toute la collection imprimée. En mars 2012, le blog pioche dans différents sujets et époques. Unité de ballons de défense britannique (1938), enfant devant un requin de l’aquarium de Coney Island (1993), sergents de police devant un Stockman, cachette pour bouteille d’alcool (1930), les images parlent de grands événements et de vie quotidienne. Une légende détaillée replace chaque cliché dans son contexte et renvoie parfois à l’article pour lequel la photo a été utilisée. Sur la gauche, une vue du verso de l’image certifie et raconte l’histoire du cliché (date, utilisation format). Il manque néanmoins les noms des photographes.

Photo New York Times

Avec ce blog, le New York Times poursuit son implication dans la pratique photographique. En effet, deux autres sites du quotidien new-yorkais de référence sont déjà dédiés à l’image. Le Lens blog s’intéresse à toutes les formes visuelles journalistiques d’hier et d’aujourd’hui quand le New York Times Store propose à l’achat des tirages photographiques (à partir de 169 dollars).

livelymorgue.tumblr.com/
lens.blogs.nytimes.com/
www.nytstore.com/Lens

Photos : Copyright The New York Times

Lu et vu sur le Net – Semaine du 12 mars 2012

Cinq liens pour une semaine de pop culture sur le Net.

« Ceci n’est pas une autobiographie » de Daniel Filipacchi
Il est né en 1928, a dirigé Paris Match, a créé Salut les Copains, adore le jazz et ne travaille jamais avant 14h. Membre du club des octogénaires, Daniel Filipacchi revient sur sa carrière et ses rencontres dans une autobiographie truffée d’anecdotes et rythmée comme un solo de trompette de Louis Armstrong.
www.lexpress.fr/culture/livre/daniel-filipacchi-je-travaille-mieux-la-nuit-et-reflechis-mieux-sur-mon-bateau_1087456.html

Helmut Newton au Grand Palais : la bande-annonce
A partir du 24 mars 2012, le photographe Helmut Newton (1920-2004) a les honneurs du Grand Palais qui lui consacre une rétrospective. Photographe de mode, son sujet de prédilection a été les femmes. Entre images iconiques d’une femme forte et libérée et photographies hautement érotiques, il réconcilie les deux sexes autour de son œuvre.
www.grandpalais.fr/grandformat/bande-annonce-newton/

L’encyclopédie Britannica ne sera plus imprimée sur papier
Après 244 ans d’impression papier, l’encyclopédie Britannica tourne la page pour se concentrer sur la version numérique qui permet de retrouver le contenu des 32 tomes pour 70 dollars par an. Et maintenant place aux collectionneurs et bibliophiles.
http://mediadecoder.blogs.nytimes.com/2012/03/13/after-244-years-encyclopaedia-britannica-stops-the-presses/

La maison de Dennis Hopper à Venice, Californie
On ne sait pas si elle a trouvé preneur mais la maison de Dennis Hopper à Venice peut toujours se visiter – en photos – sur le site de l’agence immobilière en charge de la vente. Style industriel et meubles de grands designers, l’immense loft offre même la possibilité d’avoir un œil constant sur les cylindrés du garage. De la démesure tout en élégance.
www.hoppercompound.com

Mickey devance la Joconde
Un article du Monde intitulé « Euro Disney, première attraction culturelle française » revient sur les hauts et les bas du parc installé en région parisienne depuis 20 ans et dont la fréquentation annuel dépasse largement celle du Louvre.
www.lemonde.fr/economie/article/2012/03/14/euro-disney-s-affiche-comme-la-premiere-attraction-touristique-francaise_1667764_3234.html

Le ventre de Paris dans l’œil de Doisneau

Du 8 février au 28 avril 2012, l’Hôtel de ville de Paris accueille une exposition rassemblant plus de 200 clichés de Robert Doisneau figurant les anciennes Halles de Paris. Cette exposition, au-delà des images du célèbre photographe, fait aussi écho aux nouvelles transformations du cœur de la capitale et à leur appropriation par les Parisiens.

Les forts, les aboyeurs, les marchandes, les maraîchers, les bouchers… Robert Doisneau, rodant dans les Halles depuis le début de sa carrière, les a tous immortalisés en plusieurs exemplaires. Du petit matin à la nuit, c’est surtout à partir de 1969, date de l’annonce du déménagement du marché parisien à Rungis, que Doisneau se lance dans un vrai travail de captation de la vie du quartier. Des hautes voûtes des pavillons dessinés par Victor Baltard aux caves des estaminets de la rue Montorgueil, les photographies présentées sont les témoins d’un lieu animé et souvent bordélique. Doisneau multiplie les portraits : des francs sourires aux mines défaites, ils captent les humeurs. Une petite série de photographies de jour en légère plongée datant de 1964 offre un joli parti pris esthétique avec les ombres multipliant d’autant la suractivité du lieu.

Une fois la nuit tombée, Doisneau joue aussi avec les lumières (brasero, électricité) pour accentuer des contrastes et figer avec grâce des attitudes du quotidien des Halles. Ainsi, le boucher de « L’échaudoir de la rue Sauval » en 1968, une main tenant son couteau et l’autre posée sur une tête de veau retient l’attention.

Une otarie vivante (pour combien de temps) dans « La poissonnerie Lacroix, rue Rambuteau », 1953, ou « Jean Settour dans sa cave », 1979, calant ses bouteilles avec des crânes, le photographe souligne l’insolite, le décalé.
Un monde pas si lointain
Quelques clichés – pas assez – en couleur viennent ponctuer l’exposition. Le gris bleu de l’asphalte parisien, les chariots rouges, la viande saignante, les fleurs jaunes et orange donnent chair à un monde pas si lointain. Mais déjà le déménagement (1969) et la destruction se profilent. Sous l’œil du photographe, les arches métalliques des pavillons sont tombées comme un château de cartes. Devant le trou des Halles, Doisneau se mêle aux passants curieux. Face à cet énorme chantier, le photographe nous égare. Seule l’église Saint-Eustache donne encore un point de repère dans l’accumulation de piliers et de grues. L’exposition prend fin avec deux ou trois images de l’inauguration du forum des Halles et de Rungis. Pour les visiteurs, c’est aussi le moment de s’imaginer les Halles de demain, de réfléchir à leur rapport aux transformations de leur ville même si celles-ci semblent moins violentes aujourd’hui.

Photos : Copyright Atelier Robert Doisneau

« Le destin des Halles de Paris », le webdocumentaire
La suite de l’exposition se fait aussi sur Internet avec le webdocumentaire de Vladimir Vasak, journaliste et auteur du livre « Les Halles de Robert Doisneau ». Composé d’images, de vidéos, de témoignages, d’extraits de livre, le webdocumentaire vous plonge dans le ventre de Paris, son histoire, ses transformations. De Zola à Doisneau, d’un habitant des Halles à un responsable du patrimoine, ce documentaire fait (re)battre le cœur de Paris.
www.francetv.fr/doisneau

Degas et le Nu : Le corps dans tous ses états

Livre de l'expositionDu 13 mars au 1er juillet 2012, le musée d’Orsay présente une exposition monographique dédiée à Edgar Degas (1834-1917). Le peintre des danseuses révèle ici son travail sur la nudité. Du travail académique d’apprentissage aux scènes de bain en passant par les toiles historiques, toute la carrière de Degas a été rythmée par le sujet de la nudité.

Couchés, étendus, accroupis, agenouillés, étirés, contorsionnés, les corps dessinés et peints par Degas se montrent dans tous leurs états. Le parti pris chronologique permet surtout de voir comment, à la fin du XIXe siècle, le nu perd une représentation idéalisée pour une figuration qui l’inscrit dans le quotidien. Et chez Degas, la transition se fait franchement. Si en 1865, sa toile « Scène de guerre au Moyen-Age » multiplie les postures corporelles dans une scène d’extérieur, dès 1870, le peintre nous enferme avec lui dans des maisons closes pour scruter des pensionnaires aux corps peu académiques. En ce jour d’ouverture de l’exposition, il faut d’ailleurs attendre quelques minutes pour atteindre les salles concernées.
La force du monotype
La série sur les maisons closes correspond aussi à l’appropriation par Degas de la technique du monotype, impression sur papier d’un dessin réalisé sur une plaque de métal. Rehaussées de temps en temps de pastel, les images prennent en force et en contraste. Au-delà de l’aspect sexuel du sujet, Degas met surtout en avant des corps évoluant dans le quotidien. Cet aspect va désormais le guider dans son travail. La section suivante intitulée « Le corps ausculté : les nus naturalistes de Degas » illustre cette recherche formelle. Les sujets se répètent : femme sortant du bain, se coiffant, se reposant après le bain… C’est sur la technique du monotype que Degas parvient, formellement, à des prouesses. Si les visages s’effacent, les formes se simplifient, la force des lignes et des détails – un rayon de soleil, une main épongeant une nuque – rendent captivant un quotidien plutôt répétitif. Les dernières salles sont consacrées à l’utilisation du pastel. On est dans les années 1880 et Degas commence à perdre la vue mais pas son talent. On retient parmi la masse de pastel autour du sujet du bain, « Le Tub » de 1886 avec cette vue en plongée sur une femme agenouillée. Les quelques huiles et œuvres au fusain – « Après le bain, femme s’essuyant les cheveux », vers 1895 – confirment, au milieu des sculptures de danseuses, la justesse continue du trait de Degas.

www.musee-orsay.fr
Photo : Couverture de « Degas et le Nu », catalogue d’exposition, Collectif, Musée d’Orsay/Editions Hazan, 2012.

La bande-annonce de l’exposition sur Dailymotion
Le musée d’Orsay est aussi sur Dailymotion et donc en vidéo. Outre une bande-annonce de l’exposition longue de deux minutes, le site invite à découvrir les nus de Degas des pieds à la tête. Postées régulièrement avant l’exposition, les vidéos « Les cheveux », « les pieds », « Les mains » ont fait l’effet d’un teasing pour lancer, de façon ludique, l’exposition.
www.dailymotion.com/musee-orsay

Vu et lu sur le net – Semaine du 5 mars 2012

Cinq liens pour une semaine de pop culture sur le net.

Photographie computationnelle
Claire Guillot du Monde donne une définition de la photographie computationnelle et s’attarde sur les nouvelles techniques de prise d’image. Photographies réalisées à l’aide d’ordinateur (computer en anglais), ces clichés questionnent sur la réalité captée et les usages professionnels de ces techniques.
http://expo-photo.blog.lemonde.fr/2012/03/07/de-nouveaux-yeux-pour-voir-le-monde/

Les Parisiens au bureau
Parisiens, tome 2. Le site Little Paris présente sa nouvelle vidéo consacrée aux us et coutumes des Parisiens du XXIe siècle. Tics de langage et comportements parfois bizarres, les Parisiens au travail c’est pour le pire et le meilleur.
http://www.mylittleparis.com/pages/ce-que-disent-les-parisiens-au-bureau.html

L’Odyssée de Cartier
Vous l’avez ratée lors de son passage après le 20h de TF1 dimanche 4 mars, allez découvrir la publicité Cartier, L’Odyssée, sur le net.
http://blogs.lexpress.fr/media/2012/03/05/la-pub-xxl-de-cartier/

Brice de Nice expliqué aux Américains
Avant son Oscar pour The Artist, Jean Dujardin avait fait un carton en France avec Brice de Nice. Un journaliste de The New Yorker explique aux Américains le phénomène du surfer en jaune.
http://www.newyorker.com/online/blogs/lauren-collins/2012/02/dujardin-pre-artiste.html

Un voyage dans l’espace
Premier prix assuré pour l’animation des frères Huang (14 ans) qui nous fait voyager de l’infiniment petit à l’infiniment grand.
http://htwins.net/scale2/

Campagne présidentielle : Les mots de la culture

Sept mots ou expressions ont retenu notre attention dans les programmes des candidats à la présidentielle quand on vient à parler culture.

Démocratisation : C’est le terme qui revient dans tous les programmes, projets et bilan des candidats à la présidentielle. Si la démocratisation de la culture fait consensus, l’idée est réellement passe-partout. On aurait pu attendre de la part des candidats un peu plus de précision. Bibliothèques, musées, télévision, internet, la France offre tout de même de nombreux lieux de culture ouverts à tous et pour certains gratuits. L’école comme lieu d’accès à la culture est favorisé par presque tous les candidats. Décentralisation, participation active des citoyens, les propositions sont assez semblables d’un programme à l’autre.

Exception culturelle : Toujours présent dans le vocabulaire politique, le terme
« exception culturelle française » se décline selon les candidats. Marine Le Pen le revendique contre la globalisation mondialiste et déclare que cette exception relève « d’une logique de priorité nationale ». François Bayrou préfère parler d’une « singularité culturelle française » définie par un héritage fort et une capacité de projection vers l’avenir. A l’exception, Jean-Luc Mélenchon ajoute la diversité culturelle. François Hollande envisage « une grande loi signant l’acte 2 de l’exception culturelle ».

Hadopi : C’est autour de Hadopi que les candidats jouent aux politiques. Valorisée par Nicolas Sarkozy dans son programme, la loi revient comme un refrain dans tous les programmes consultés, avec les mêmes paroles : on ne veut pas de Hadopi. Contribution des fournisseurs d’accès pour Jean-Luc Mélenchon, licence globale pour Marine Le Pen, les solutions sont moins évidentes pour les autres. François Bayrou reste très imprécis. François Hollande annonce un remplacement de la loi dans son programme mais plutôt une loi repensée dans une tribune dans le Monde en date du 3 mars. Hadopi, un sujet hautement politique.

Intermittent : Le régime particulier de l’intermittence est visé dans plusieurs programmes. Réformé chez Marine Le Pen, il sera complété de structures d’insertion réservées aux nationaux. A gauche, on plaide pour une refonte du système qui protège davantage. Eva Joly prône la création d’un statut du « pluriactif culturel » et des mutuelles pour la protection sociale. La mutualisation est aussi la réponse pour Jean-Luc Mélenchon contre le système de l’intermittence actuel.

Patrimoine : Qui a dit que le patrimoine est une notion de droite ? Les programmes des candidats ne disent pas le contraire. Dans son bilan, Nicolas Sarkozy  confirme la hausse des budgets pour la restructuration du patrimoine. Marine Le Pen se veut offensive sur le sujet en évoquant « les menaces pesant sur notre patrimoine ». Elle annonce un plan d’urgence et un audit sur les ventes faites par l’Etat ces cinq dernières années. Balle au centre avec François Bayrou qui propose un apurement avec un calendrier crédible du soutien à la réhabilitation du patrimoine. Pour les autres, les citoyens resteront un peu sur leur faim. Dommage, le sujet qui passionne les Français, aurait mérité, au-delà de la question de la sauvegarde, une réflexion plus poussée notamment sur des usages nouveaux de lieux historiques.

Presse – audiovisuel : Aide, indépendance, publicité, désignations, comme Hadopi, c’est souvent en réaction aux mesures prises par Nicolas Sarkozy que les candidats définissent leur ligne de conduite. C’est surtout l’indépendance de l’audiovisuel public qui est mise en avant pour les François (Hollande et Bayrou). On notera le projet de loi assez inédit de Marine Le Pen qui interdirait la possibilité que les grands groupes de médias appartiennent à des sociétés en lien avec l’Etat avec des exemples pour ne pas les citer nommément : armement et BTP. Jean-Luc Mélenchon est plus évasif en prévoyant une loi contre les concentrations dans le domaine.

Public-Privé : Pour Eva Joly et Jean-Luc Mélenchon, l’Etat doit être très engagé dans la culture. Pour les Verts, 1 % du budget de l’Etat doit être alloué à la culture. Pour le Front de gauche, un véritable service public de la culture doit être créé contre « le processus de marchandisation de ce domaine. » Pour les deux candidats les plus à gauche, public et privé apparaissent en opposition quand il s’agit de culture. Cette opposition n’apparaît pas dans les autres programmes.

Photo : La Joconde dans les nouvelles salles du Louvre en 1920 / Agence Meurisse