La culture en campagne (3) : Marine Le Pen

Allons voir du côté des sites Internet des candidats à l’élection présidentielle leurs propositions dans le domaine culturel. Car si la matière ne constitue pas une actualité aussi forte que l’économie ou le social, elle laisse tout de même apparaître des choix qui nous en apprennent un peu plus sur la personnalité de nos candidats.

Dans le projet de Marine Le Pen, la culture apparaît dans le chapitre « Avenir de la Nation ». Sous le titre « Assurer le rayonnement de la culture française », la candidate fait une analyse de la situation et poursuit sur ses positions. Une brève introduction met en avant l’héritage culturel français issu « des plus grandes civilisations qu’a connues l’Histoire, qu’elle (la France) a su réunir dans une culture originale. » Cet atout majeur doit être valorisé.
L’analyse démontre « que des menaces pèsent sur notre patrimoine et sur notre vie culturelle, de plus en plus d’acteurs osent le dire et le dénoncer ». Opacité voire clientélisme, manque de démocratisation culturelle, abandon de patrimoine, menace sur l’exception culturelle et même sur la langue française, le constat est rude. Ainsi, « une véritable politique nationale doit relancer l’excellence et l’originalité de la création culturelle française et sa diffusion dans le monde, en liaison avec les Ministères des Affaires étrangères, de la Coopération et de la francophonie. »
La position
En 10 points, la candidate FN assied sa position. « Redonner la parole au public » permettrait à des membres d’associations de prendre place dans les conseils d’administration d’institutions culturelles. Marine Le Pen souhaite favoriser financièrement les structures qui touchent un public important. Moins pour Paris et plus pour la province. Les pratiques amateurs (pas d’exemples cités) devront être mieux prises en compte.
La défense du patrimoine sera mise en avant par un plan d’urgence et un audit sera demandé sur « les cessions du patrimoine national effectuées par France Domaine (…) souvent en catimini ». Télévision, cinéma, l’exception culturelle française qui touche ces domaines relève « d’une logique de priorité nationale » qui doit être soutenue.
Côté professionnel, « le statut des intermittents sera réformé » et des structures d’insertion (opéras, orchestres, théâtres) seront créées et réservées aux nationaux. Le FN souhaite également restaurer la politique de la langue française en renforçant la loi dite Toubon (1994). Une grande banque de terminologie sera créée en partenariat avec celle du Québec et de l’ONU. Stop à la favorisation de l’anglais dans les brevets internationaux.
La presse et Internet concluent les positions. Côté presse, une loi interdira la possibilité que les grands groupes de médias appartiennent à des sociétés en lien avec l’Etat (ici des exemples : armement et BTP). Côté Internet, une licence globale sera instaurée pour les échanges privés sur Internet et goodbye à Hadopi, Loppsi 2, Acta…

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