L’expressionisme allemand sous toutes ses formes à la Pinacothèque de Paris

Pinacothèque de ParisAvec les deux expositions Expressionismus & Expressionismi et la collection Kremer, héritiers de l’âge d’or hollandais, la Pinacothèque de Paris met le cap à l’Est. Première étape en Allemagne avec les peintres expressionnistes du début du XXe siècle.

« Il n’y aurait pas un panneau pour nous expliquer les choses » s’inquiète un visiteur à l’entrée de l’exposition Expressionismus & Expressionismi. Si on imagine que l’expressionisme allemand va être au cœur de la visite, il est vrai que le sous-titre de l’événement « Der Blaue Reiter vs Brücke » laisse un peu perplexe les non-initiés. Sur le fameux panneau, on nous explique que se sont constitués, au début du XXe siècle, en Allemagne deux courants relevant de l’expressionnisme. Der Blaue Reiter, le Cavalier bleu, s’appuie sur une réflexion intellectuelle de la peinture, des théories fortes notamment psychologiques qui amèneront à une forme d’abstraction. Un des artistes les plus connus de cette école s’appelle Vassily Kandinsky et il est russe. L’autre mouvement Die Brücke, le Pont, préfère une approche très sensible de la pratique picturale, les artistes, dont Ernst Ludwig Kirchner, font appel à leurs émotions et à leur instinct.
Une fois la théorie abordée, passons à la pratique en observant les œuvres. Et là, bien qu’un code couleur nous informe de l’appartenance des peintures à l’un ou l’autre groupe, les choses se compliquent. Il faut en effet avoir un œil déjà bien formé à l’expressionisme allemand pour distinguer les deux courants.
Lignes acérées et couleurs saturées
Et finalement, peu importe. Dans un déroulement fluide, on alterne paysages, portraits, scènes de vie quotidienne. Lignes acérées et couleurs parfois saturées composent des toiles vives, étranges, inquiétantes, apaisées, idylliques, autant de sentiments que de peintres présentés. Si les quelques toiles de Kandinsky se détachent de l’ensemble par leur singularité, on découvre une création allemande riche, influencée, innovante… Des peintres accrochent le regard : Marianne Von Werefkin et ses profondes couleurs, Karl Schmidt-Rottluff et ses aquarelles, August Macke et sa simplification formelle, Erich Heckell et ses gravures sur bois.
Avec plus d’une centaine de toiles, la Pinacothèque a opté pour une disposition thématique qui laisse libre cours à la visite. A nous de découvrir les divergences et convergences, de regarder une toile pour ce qu’elle est et/ou de la comparer avec sa voisine. Et pour ceux dont les yeux saturent de couleur, la précision et les clairs-obscurs des peintres hollandais de la collection Kremer attendent au sous-sol pour une deuxième exposition tournée vers l’Est européen.

Expressionismus & Expressionismi, Der Blaue Reiter vs Brücke, Berlin-Munich, 1905-1920 à la Pinacothèque de Paris jusqu’au 11 mars 2012.

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