Stefan Sagmeister, le graphiste à portée de vue

Si Jean-Paul Goude est célébré dans la grande nef du musée des Arts Décoratifs de Paris, il faut grimper trois étages pour découvrir l’exposition consacrée au designer, graphiste et typographe d’origine autrichienne Stefan Sagmeister. Vous avez jusqu’au 19 février 2012 pour mieux connaître le travail de cet artiste déjà maintes fois récompensé.

En vous baladant dans les jardins des Tuileries, vous apercevrez, dépassant d’une fenêtre du musée des Arts décoratifs, un énorme singe gonflable. Jeff Koons ne s’est pas emparé du Louvre, c’est bien un extrait d’un travail réalisé par le designer Stefan Sagmeister. En 2007, six singes géants au museau noirci ont été disposés devant de grands monuments de différentes villes écossaises. En assemblant les six pancartes qu’ils tenaient, une phrase se révélait « Everybody thinks they are right ». Ludique, langagier, décalé tout en étant sobre, le travail de Sagmeister innove tout en restant très grand public. L’exposition se concentre d’ailleurs sur les réalisations de commandes. Une manière de ne pas faire de « distinction entre le monde du graphisme dit « culturel » et celui du monde commercial » selon le créateur. Les concepts mis en images et en objets par Sagmeister font en effet dans cette efficace simplicité toujours ardue à atteindre. Ainsi, l’ouvrage portant sur les activités culturelles de BMW roule à l’aide de quatre roues et d’une télécommande. Pour Levi’s, il a réalisé un panneau composé d’engrenages qui une fois alignés dévoilent la phrase « We are all workers », référence à l’histoire de la marque de denim. Publicités, logos, identités visuelles, l’exposition installée dans un cadre minimaliste donne à voir des réalisations contemporaines faciles d’accès. Une interview filmée de Sagmeister permet de mieux connaître le personnage, ses références, sa passion pour le rock -il a créé des pochettes pour Lou Reed et les Rolling Stones- sa façon de créer. On lui piquerait bien volontiers son idée de prendre une année sabbatique tous les sept ans.

Musée des Arts Décoratifs : Another exhibit about promotion and sales material

Tout Goude aux Arts Décoratifs

Jean-Paul Goude aux Arts DécoratifsJusqu’au 18 mars 2012, le musée des Arts Décoratifs de Paris propose la première rétrospective de Jean-Paul Goude. Goudemalion, terme créé par Edgar Morin, contraction de Goude et de pygmalion, retrace quarante ans de carrière iconographique d’un « faiseur d’images » contemporain.

C’est sous la nef et ses bas-côtés du musée des Arts Décoratifs que s’expose l’œuvre du dessinateur, photographe, vidéaste et metteur en scène, Jean-Paul Goude. Même s’il a vécu et travaillé de longues années aux Etats-Unis, c’est sur la danseuse mécanique et la locomotive, deux pièces emblématiques du défilé du bicentenaire de la Révolution française que commence la rétrospective. Métissage, fantaisie, décalage caractérisent cette mise en scène, photos, vidéos et dessins à l’appui. Les salles attenantes retracent le parcours illustré du garçon de Saint-Mandé qui, très jeune se passionne pour le zoo de Vincennes, les histoires d’indiens d’Amérique et la danse pratiquée sa mère, ancienne actrice de music-hall.

Il débute sa carrière comme illustrateur. Son premier fait d’arme est un bandeau pour le Printemps Hommes représentant les minets stylisés du Paris des années 60. Près de 40 ans plus tard, c’est le grand magasin voisin qui fera appel à lui pour des illustrations « so Goude ». En 1970, il devient directeur artistique pour l’Esquire, mensuel pour hommes très renommé. C’est à New-York que son style se forme. Il se nourrit de la Big Apple. Mouvement, rapidité, diversité, véhémence, déformation autant de mots qui peuvent caractériser les images à venir. Autre inspiration éternelle de Goude : les femmes. Pas n’importe lesquelles, celles dont il est amoureux et qui deviennent de véritables muses. Radiah qu’il juche sur des talons de 30 centimètres, Grace Jones qu’il transforme en superwoman et Farida qui marque aussi son retour à Paris. Kodak, Citroën, Perrier, Chanel et dernièrement Prada (avec la danse de Léa Seydoux), Jean-Paul Goude applique sa formule en mouvement mais surtout humour dans des publicités mémorables.

Björk, Linda Evangelista, Naomi Crawford et un bon nombre de couturiers passent devant son objectif dans des mises en scène toujours fantasques -ne pas manquer la série sur la mode et le sport-. Dans les années 2000, il s’affiche au fronton des Galeries Lafayette avec Laetitia Casta. De la série, on retient surtout cette transformation de la top française en jeune homme très photogénique dont les étapes sont dévoilées. Amoureux toujours et encore, Jean-Paul Goude passe des fesses très arrondies de Carolina (1976) au ventre près d’enfanter de sa femme Karen en 2009.

Si la musique rythme le défilement des œuvres, le choix de la peinture noire, du sol au plafond, a parfois tendance à étouffer le dynamisme de certaines œuvres. Dessins préparatoires, découpes des ektachromes, story-boards, l’exposition reflète les différentes facettes de Goude et décrypte un langage visuel qui, malgré sa spécificité, nous est devenu familier.

www.lesartsdecoratifs.fr

Derniers jours pour voir…

Galeries nationales du Grand PalaisCinémathèque de ParisCentre PompidouJeu de PaumeIl vous reste quelques jours pour voir…

Matisse, Cézanne, Picasso, l’aventure des Stein
Galeries nationales du Grand Palais – Fermeture le 22 janvier
Retrouvez la gigantesque collection de la famille Stein. Divisée en huit sections, l’exposition révèle les goûts et choix artistiques des différents membres de la famille d’origine américaine et installée à Paris. Matisse, Renoir, Degas, Cézanne, Picasso, les Stein ont collectionné mais aussi aidé à faire émerger de nombreux peintres. Une exposition sous forme d’un mini-musée de l’art moderne au tournant du XIXe et XXe siècle. A partir du 1er février, la collection se visitera au Metropolitan Museum of Art de New York.

Edvard Munch, l’œil moderne
Centre Pompidou – Fermeture le 23 janvier
Edvard Munch, ce n’est pas seulement « Le Cri », cette célèbre toile terrifiante. Beaubourg le prouve en exposant 140 œuvres de l’artiste norvégien, peintures mais aussi photographies, films et quelques rares sculptures. Partagé entre la France et l’Allemagne, le peintre est pour beaucoup à l’origine du mouvement expressionniste.

Métropolis, épopée futuriste
Cinémathèque de Paris – Fermeture le 29 janvier
Le film mythique de Fritz Lang sorti en 1927 est décortiqué via cette exposition. Scénario et grandes séquences du film s’illustrent par des dessins originaux, des projections, des costumes et objets, des photos de plateau… A l’heure où un film muet et en noir et blanc connaît les honneurs d’Hollywood, foncez redécouvrir ce chef-d’œuvre.

Diane Arbus
Jeu de Paume – Fermeture le 5 février
Première rétrospective française de la photographe américaine, l’exposition Diane Arbus retrace la carrière d’une artiste doublement sensible à la fois dans sa technique et dans ses sujets. Les gens sont la matière première de la photographe. Postures, visages, expressions, l’artiste capte la diversité et parfois l’excentricité des habitants du New York des années 50-60. En noir et blanc et en contraste.

Le Louvre invite JMG Le Clézio – Le Musée monde
Le Louvre – Fermeture le 6 février
Après Robert Badinter, Umberto Eco ou Patrice Chéreau, le Louvre ouvre ses salles aux préférences iconographiques de Le Clézio. Des œuvres d’artistes et des objets de Haïti, du Mexique ou du Vanuatu côtoient des peintures historiques et des gravures révolutionnaires. Partant du principe qu’il n’y a pas de « hiérachie en art », Le Clézio mêle géographie et histoire dans une vision artistique qui n’est jamais minorée.

Le peintre Breitner, photographe de rue

Oudezids AchterburgwalJusqu’au 22 janvier 2012, l’institut néerlandais de Paris expose une sélection des photographies de George Hendrik Breitner. Peintre reconnu de la fin du XIXe siècle, Breitner s’est également adonné à la pratique photographique. C’est dans les rues d’Amsterdam que l’artiste s’est principalement posté pour capter l’activité de la ville.

« Pionnier de la photographie de rue », c’est sous un titre un peu ambitieux que l’Institut néerlandais présente le travail photographique du peintre naturaliste George Hendrik Breitner. Peu connu en France –le musée d’Orsay possède deux toiles du maître-, Breitner est très réputé aux Pays-Bas pour ses paysages et scènes de vie quotidienne. C’est ce que l’on retrouve dans sa production photographique exposée à Paris. Amsterdam constitue son principal terrain de jeu. Passants, petits métiers, canaux, c’est une ville typique qu’immortalise le peintre-photographe. Il laisse volontairement de côté les grandes constructions qui sont en train de modifier l’aspect de la ville. Tout au plus, il s’intéresse aux chantiers qui en découlent. Si on peut facilement imaginer que la photo va inspirer de futures toiles, Breitner joue aussi de l’appareil photographique pour en exploiter les possibilités : contre-jour, gros plans, cadrages décentrés.

L’exposition assez courte laisse une impression que Breitner n’a été qu’un amateur éclairé de la photographie. Elle ne justifie en aucun cas le terme de « pionnier » qui annoncerait une influence de Breitner sur d’autres photographes. Et d’ailleurs, les négatifs de l’artiste n’ont été redécouverts que dans les années 1960. Pour mieux connaître le travail photographique de Breitner, un tour est donc nécessaire sur le site de l’institut national néerlandais pour l’histoire de l’art qui a numérisé plus de 2000 clichés du peintre-photographe. On a là le résultat d’un vrai de travail de photographe de rue entre Rotterdam et Amsterdam. Pour compléter, on se rend aussi sur le site du Rijksmuseum pour découvrir la peinture de George Hendrik Breitner (1857-1923).

Institut néerlandais, 121 rue de Lille, 75007 Paris, www.institutneerlandais.com
Institut national néerlandais pour l’histoire de l’art : www. rkd.nl
Rijksmuseum : www.rijksmuseum.nl

Obama fait sa campagne en photo avec Instagram

première photo du compte Barackobama sur InstagramDepuis début janvier 2012, Barack Obama fait partie des 15 millions d’utilisateurs du réseau social de partage de photographies Instagram. Alimenté par son staff de campagne, le compte a pour ambition de suivre Obama en images dans sa vie quotidienne de président-candidat.

@barackobama est le compte officiel du président américain sur l’application mobile Instagram disponible sur Iphone. Au 10 janvier 2012, le staff en charge d’alimenter la page a juste posté une petite dizaine de photos mais a déjà récolté plus de 56 500 abonnés. Volontaires dans le New Hampshire, déjeuner d’Obama avec des citoyens américains, discours à Cleveland, les clichés ne font pas dans l’originalité et n’utilisent pas (encore) la dizaine de filtres proposés par l’application pour donner plus de relief aux photos. Après Facebook et Twitter, Obama reste donc très actif sur les réseaux sociaux. Avec son arrivée sur Instagram, élu « application de l’année 2011 » par Apple, il garde son avance en terme de communication 2.0. Ainsi, les Instagramers, supporters ou pas du président, peuvent également envoyer leurs témoignages photographiques de la campagne sous le tag #obama2012. Près de 500 photos ont déjà été publiées sous cette désignation.
Si les photographes professionnels suivent Obama tout au long de cette période de campagne, cette présence sur Instagram s’inscrit dans une volonté de montrer une autre réalité de cette période. Aux équipes en charge de nourrir le compte d’avoir, en plus du sens de la communication, un œil sensible.

Et la France
Aucun candidat français ne semble être présent sur l’application réunissant 15 millions de personnes (en majorité des Nords-Américains). Sous le tag #sarkozy, une centaine de photos figurent le président-candidat non déclaré dans des situations peu avantageuses. En tapant #hollande, quelques clichés du candidat du Parti socialiste émergent.