Les journaux font belles impressions

willy Rizzo

A écouter

France Soir disparaît, les quotidiens ne font plus recettes. La presse imprimée française diversifie son offre notamment en proposant des tirages papier de unes ou de photos d’archives. De Libération à Paris Match en passant par Le Figaro, la presse essaie de faire belle impression.

L’engouement pour la photo donne des idées aux journaux français. Libération, Le Figaro et Paris Match vous proposent d’exposer sur vos murs des tirages de photos issues de leurs archives. Créée en 2008, la Galerie du Figaro met en lumière une petite dizaine de photographes contemporains qui ont travaillé ou travaillent pour les journaux et magazines du groupe. Avec des tirages réalisés avec soin, en série limitée (15 exemplaires en deux formats) et signés, La Galerie cible une clientèle qui peut tout de même débourser à partir de 850 euros pour un cliché. Avec des images de voyage et de découverte, Le Figaro ose une galerie proche du photoreportage dans la veine de son magazine hebdomadaire.

De son côté, Paris Match sort « ses trésors photographiques » en collaboration avec Photo Service. Ici pas de série limitée ou de signature mais des prix beaucoup plus abordables, soit à partir de 45 euros pour une image de 20×30. Le plus du magazine de société, son incroyable collection de portraits de chanteurs, acteurs, artistes en couleur ou noir et blanc. Au top 5 des ventes de décembre 2011, Pablo Picasso, Sylvie Vartan, Herbert Von Karajan, Charles Aznavour et Jean-Paul Belmondo révèlent le positionnement éclectique et plutôt show bizz du magazine et de son rédacteur en chef légendaire, Roger Thérond.

A Libération, ce sont les unes qui s’encadrent et s’exposent. Ici pas de galerie virtuelle mais une boutique où le quotidien capitalise sur l’un de ses points forts : ses couvertures. Une image et un titre composent ces unes mémorables. Et qui n’a pas, devant le kiosque à journaux, opté pour Libération le jour d’un événement marquant ? Comme Paris Match, Libération travaille avec Photo Service pour proposer ces produits. Meilleures ventes fin 2011 : la une évoquant le décès de Steve Jobs, une pomme blanche sur fond noir qui semble verser une larme. Premier prix pour un tirage encadré : 59 euros.

Photo : Pablo Picasso, Golfe-Juan, années 60 par Willy Rizzo (Paris Match)

http://galerie.lefigaro.fr
http://galerie.parismatch.com
http://www.liberation.fr/boutique

 

 

Offrez des pages de culture

designchroniques diplomatiquesthe new yorkerMichel PastoureauEncore quelques jours pour trouver les cadeaux de Noël. On file dans les librairies pour des cadeaux à la page et faciles à emballer.

The New Yorker, l’Humour des femmes, Jean-Loup Chiflet, Editions Les Arènes (24,80 euros)
300 dessins des illustrateurs du New Yorker viennent pointer avec humour les défauts des femmes. Femmes d’affaires ou au foyer, folles de mode ou complètement has been, les dessins raillent en douceur et parfois de façon grinçante le sexe faible. Il dépeint surtout les rapports complexes avec l’autre partie de l’humanité, les hommes.

Paris détruit , Du vandalisme architectural aux grandes opérations d’urbanisme, Pierre Pinon, Parigramme (49 euros)
Paris démoli, reconstruit, repensé, Pierre Pinon, historien de l’urbanisme parisien fait l’inventaire des transformations de la ville notamment depuis la Révolution. Images à l’appui, il montre les massifs travaux réalisés dans la capitale. De la Bastille aux Halles en passant par l’aménagement de quartiers insalubres, le livre fait découvrir une ville en constante évolution même si ces changements s’avèrent parfois forcés. Il met également en avant la construction progressive de la notion de patrimoine.

Quai d’Orsay, Tome 2, Chroniques diplomatiques, Christophe Blain et Abel Lanzac, Dargaud (17 euros)
La vie du ministère des Affaires étrangères vue par le tout nouveau conseiller du ministre. En charge d’écrire les discours officiels, Arthur Vlaminck se retrouve au cœur de la politique étrangère de la France avec à sa tête un certain Alexandre Taillard de Worms. Le tome 2 de cette bande dessinée est axé sur un important discours que doit prononcer le ministre à l’ONU. Pour ceux qui ont aimé La Conquête, le film, cette BD est à lire d’urgence.

Noir histoire d’une couleur, Michel Pastoureau, Points Poche (7,50 euros)
Après le bleu, Michel Pastoureau s’attaque au noir. Documenté et pédagogique, Michel Pastoureau sait donner à un sujet d’une simplicité apparente un intérêt vif et enrichissant. Ainsi, son livre vous amènera entre autres à vous intéresser à l’histoire et à la composition des armoiries (je vous assure) ou à l’évolution de la teinture sur tissu. Relatant l’histoire de la couleur ou non couleur selon le siècle retenu, Pastoureau nous interroge aussi sur notre façon contemporaine d’utiliser cette couleur. Après la lecture de ce livre, des questions existentielles vous attendent encore devant votre armoire.

Pour accompagner la lecture, rien de mieux qu’une paire de chaussettes en cachemire Lhasa de Falke (19 euros), une tasse de thé vert au jasmin Kusmi Tea (11,50 euros) bien éclairé sous la lampe en bois Muuto (149 euros).

Sorolla, peintre espagnol lumineux

sur la plage ZarauzSi comme moi, vous n’avez pas les horaires du Jeu de Paume en tête et que vous trouvez porte close le jeudi matin pour la rétrospective Diane Arbus, allez faire un tour au musée de l’Orangerie. Après un détour vers les Nymphéas de Monet, vous pouvez découvrir une exposition sur la peinture espagnole au tournant des XIXe et XXe siècles et voir ou revoir notamment les peintures lumineuses de Soralla. Jusqu’au 9 janvier 2012.

C’est dans les sous-sols de l’Orangerie complètement repensée en 2006 –le béton en revêtement intérieur peut s’avérer un peu froid- que les peintures d’artistes espagnols viennent réchauffer un peu l’atmosphère. Difficile de retenir les noms souvent composés des peintres mais appelez-les Joaquim ou Joaquin vu qu’ils portent presque tous ce prénom. Néanmoins, un artiste a retenu mon attention et mon Smartphone a été utile pour prendre note de son patronyme. Joaquin Soralla y Bastida. Connu et reconnu, ce peintre né à Valence en 1863, s’est formé entre autre à Rome. Avec une palette éclaircie, il représente l’Espagne blanche, celle des plages, des villes de bord de mer à opposer à l’Espagne noire peinte par Zuloaga. Réalisées au début du XXe siècle, ces toiles influencées par le réalisme dans leur forme et l’impressionnisme dans leurs couleurs dépeignent des scènes de vie quotidienne avec un œil très moderne, comme un instantané photographique. L’une d’elles est d’ailleurs titrée Instantané à Biarritz. Cette caractéristique les rend assez intemporelles avec des scènes que l’on pourrait rencontrer aujourd’hui comme Des Enfants sur la plage (non présente dans l’exposition). Les compositions de La Sieste et Sur la Plage détonnent et leur lumière en met plein les yeux. A la fin de l’exposition, Sorolla en remet une couche avec son grand format Le Retour de pêche. Besoin de luminosité et de douceur en ce début d’hiver, Sorolla remplace votre traitement de luminothérapie.

Sobre la arena, playa de Zarauz, 1910, Museo Sorella, Madrid

www.musee-orangerie.fr
www.museosorolla.mcu.es