Bruce Davidson, l’œil patient

Le 27 avril, Bruce Davidson, photographe américain recevra, à Londres, un prix des Sony World Photography Awards pour l’ensemble de sa carrière. A cette occasion, la Somerset House exposera, du 26 avril au 26 mai, une sélection de clichés de ce photographe, membre de Magnum, plutôt discret. Né en 1933, Bruce Davidson a, tout au long de sa carrière, privilégié cette discrétion, qualité qui a été capitale dans son travail. Si on pouvait résumer en un mot sa façon de travailler, on choisirait le terme « immersion ». Suivre les pérégrinations d’un cirque ambulant, défiler auprès des manifestants des droits civiques américains, vivre avec les habitants d’un quartier de Harlem dans les années 70 ou les membres d’un gang de Brooklyn, Davidson s’est fondu dans le décor, a essayé de comprendre les autres, puis les a photographiés.
Contrastes
Il en ressort des photographies très contrastées autant sur la forme que dans le traitement du sujet. Ainsi, l’album de la 100e rue Est de Harlem montre des gens vivant dans des lieux insalubres et des familles posant en habits du dimanche pour le photographe qui vient à leur rencontre. Ce contraste est également présent dans Brooklyn Gang qui oscille entre clichés rock and roll de jeunes américains des années 60 et sentiment de désespoir d’une jeunesse finalement un peu paumée.
En 1980, il passe temporairement à la couleur pour sa série sur le métro de New-York. Subway offre des clichés encore une fois pleins de contrastes, dans ce lieu où tous les mondes se rencontrent. Central Park, dans les années 90, devient son aire de jeu. Et toujours un album à la clé ; les photographies de Davidson sont faites pour le livre, elles se regardent lentement, Davidson, de par cette façon de s’immerger dans son sujet, nous impose son temps.
A 78 ans, Davidson poursuit son chemin. Le métro est toujours un lieu important pour lui. C’est ce que montre notamment un documentaire, sans doute trop court, diffusé actuellement sur Arte.

Photo : Brooklyn Gang, 1959. Copyright Bruce Davidson/Magnum Photos

www.magnumphotos.com
www.worldphoto.org

Arte – L’art et la manière : Bruce Davidson. Film réalisé par Claude Ventura
Rediffusions : vendredi 25 mars 4h10 – dimanche 27 mars 7h – mercredi 6 avril 20h40

Le défilé de mode

Lundi 7 mars, la maison Chloé propose à tous les internautes de vivre en direct son défilé prêt-à-porter automne-hiver 2011-2012. Après une inscription sur la page de la marque sur Facebook, les internautes, à l’instar des invités affrontant la foule et brandissant leur carton, auront donc la possibilité de voir le défilé, à 16 heures. Le rêve devient donc réalité virtuelle pour ceux et celles qui souhaitent assister à un défilé de mode.
Créé à la fin du XIXe siècle en Angleterre, le défilé de mode s’est d’abord cantonné à une simple présentation des tenues dans les salons des maisons de couture. Lucy Christiana, dite Lady Duff Gordon semble avoir été la première à organiser des défilés en dehors de ses magasins dans des lieux plus vastes en intégrant des éléments de théâtre tels qu’une scène, un rideau, de l’éclairage, un programme et de la musique. Uniquement sur invitation, ces shows sont alors réservés à la clientèle de la marque.
Un siècle plus tard, les clients sont toujours les invités privilégiés des défilés mais pas seulement. Photographes et journalistes ont aussi fait leur entrée pour rendre ces présentations les plus médiatiques possibles. Accessibles en image dans les journaux ou à la télé, ils restent néanmoins tronqués ne reflétant que très peu la volonté et le travail des couturiers. Internet peut sans doute redonner un peu cette notion de spectacle qui ressort d’un défilé. Attendons 16 heures.

Pour voir le défilé : www.chloe.com