Richard Avedon en version française

lartigue-avedonJusqu’au 22 février 2017, la Bibliothèque nationale de France (site François-Mitterrand) présente l’exposition, la France d’Avedon, Vieux monde, New Look, dans laquelle elle montre comment la France a inspiré et construit l’oeuvre du photographe new-yorkais.

C’est toujours un plaisir d’entrer dans une exposition consacrée à Richard Avedon car on sait que le dynamisme de ses photos – qu’elles soient légères ou plus sérieuses, va nous porter. A travers ses images, on ressent tout l’enthousiasme de cette jeunesse américaine, qui a vingt ans à la fin de la seconde guerre mondiale, a envie de rattraper ces années gâchées et si possible de changer le monde. Pour sa part, Avedon va largement renouveler la photographie de mode. Photographe renommé, Avedon inspire dès 1956 – il a trente deux ans – le personnage de Fred Astaire dans Funny Face. Il devient même consultant visuel sur le tournage.

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C’est ici que débute l’exposition de la BNF. Connu pour ses noirs et blancs, Avedon est ici en couleurs. Il accompagne la caméra de Stanley Donen et fixe Audrey Hepburn dans les scènes phares du film – au Carrousel du Louvre, à l’Opéra, au Louvre… Si les grands tirages présentés manquent véritablement de netteté, il est amusant de voir, avec des boucles du film, à quel moment le photographe choisit de fixer l’image. Dans cette première partie de l’exposition, l’attachement d’Avedon à la France se traduit davantage par des images d’un Paris cliché mais non sans panache – voir le très drôle roman-photo Paris Pursuit réalisé avec Audrey Hepburn, Mel ferrer et Buster Keaton, 1959.

Le lien avec la France se renforce notamment à travers la réalisation de portraits de nombreuses personnalités françaises – Jean Cocteau, Picasso, Montand et Signoret, Catherine Deneuve, Brigitte Bardot, Jeanne Moreau… mais aussi de pochettes de disques comme celle de Chagrin d’amour. Et puis, il découvre Jacques-Henri Lartigue avec lequel il crée une filiation photographique. Il édite Diary of a Century, livre qui fait (re)connaître Lartigue dans le monde entier.

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Dès les années 80, il collabore à la revue Egoïste dont il réalise plusieurs couvertures et reportages – Depardieu en Rodin, Uma Thurman, Soeur Emmanuelle. Une collaboration fructueuse qui donne une identité visuelle singulière au magazine et inscrit définitivement Avedon dans la culture française.

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-Richard Avedon, New York, 1966, Jacques-Henri Lartigue, Richard Avedon © Ministère de la Culture – France / AAJHL
-Audrey Hepburn, Mel Ferrer et Buster Keaton dans Paris Pursuit pour Harper’s Bazaar, Paris, 1959, Richard Avedon © The Richard Avedon Foundation
-Catherine Deneuve, Los Angeles, 1968, Richard Avedon © The Richard Avedon Foundation
-Chagrin d’amour, Pochette de Bonjour (V’là des nouvelles), Paris (Barclay), 1982
-Uma Thurman, Egoïste n°13, édité à Paris, 1996

La France d’Avedon, Vieux monde, New Look, Bibliothèque nationale de France (site François-Mitterrand) jusqu’au 22 février 2017

L’esprit du Bauhaus souffle aux Arts déco

510_bauhaus-metro-100x150_copieDepuis le 19 octobre et jusqu’au 26 février 2017, l’esprit du Bauhaus souffle au musée des Arts décoratifs.

Avec plus de 900 pièces exposées, « l’esprit du Bauhaus » raconte l’histoire d’une école qui, au début du XXe siècle, a développé un point de vue inédit sur les différents arts. Pour les fondateurs, l’équation à résoudre était : les artistes doivent se forger un esprit d’artisan tout en intégrant la force de frappe industrielle dans le but de repenser les modes de vie de société en transformation.

Difficile d’être très objectif quand une proche amie a activement participé à la réalisation de cette exposition. Mais maintenant c’est dit.

Dès les premières salles, le ton est donné. Les pièces présentées sont résolument tournées vers la modernité. Des débuts prometteurs avec les Arts and Crafts britanniques et l’Atelier viennois qui sont une source d’inspiration pour le Bauhaus. Avec Henry Van de Velde, Koloman Moser, Peter Berhens, les lignes se simplifient, les objets, chaises, tables, luminaires vivent une révolution stylistique.
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En 1919, l’institut des arts décoratifs et industriels devient le Bauhaus sous l’impulsion du nouveau directeur Walter Gropius. Pendant près de 15 ans, l’école va réunir enseignants -Wassily Kandinsky, Paul Klee, László Moholy-Nagy, Ludwig Mies van der Rohe, Marcel Breuer, et étudiants, autour d’enseignements novateurs et de réalisations avant-gardistes au beau milieu d’une Europe heurtée et en convalescence.

L’exposition présente ainsi des travaux réalisés dans les différents ateliers de l’école : textile, céramique, graphisme, photographie, métal, menuiserie… Découvrir autant de pièces du Bauhaus en un seul lieu à Paris est rare – la dernière exposition parisienne sur le Bauhaus remonte à 1969. La scénographie permet aussi de passer d’un atelier à un autre sans réelle séparation, tel que le Bauhaus pensait les pratiques artistiques.

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Si l’arrivée des nazis au pouvoir entraîne la fermeture de cette école qui avait déjà dû déménager de Weimar à Dessau puis à Berlin, elle ne marque, en aucun cas, la fin de l’esprit du Bauhaus. La force de cette école et du style qui en découle est d’avoir perduré, évolué, s’être transformée et de vivre encore aujourd’hui dans de nombreux objets, mobiliers, architectures qui nous entourent. Et l’exposition du musée des Arts déco d’incarner cet esprit.

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1-Gunta Stölzl, 5 Chöre, tapisserie jacquard, 1928
2-Balcons de la Prellerhaus en contre-plongée (Dessau)
3-Chaise par Mies von der Rohe, 1927

Le mobilier de Chandigarh en réédition

phantomhandsCréé par un couple d’Indiens, Phantomhands.in propose des reproductions de quelques pièces de mobilier imaginé par Pierre Jeanneret pour la ville de Chandigarh. Où comment mêler avant-garde moderniste et artisanat indien dans votre salon.

Chaises, tables, fauteuils, bancs, tabourets, bureaux, étagères… Pierre Jeanneret a imaginé des centaines de pièces de mobilier pour Chandigarh. De cette phénoménale construction d’une nouvelle ville en Inde, voulue par Nehru et conçue par Le Corbusier, il a été le chef de chantier. Il y a vécu pendant plus de 10 ans. Et la ville continue de marquer par sa singularité (voir reportage d’Arte).

Si sur place, peu d’exemplaires du mobilier ont été conservés – beaucoup ont été détruits voire brûlés, certains antiquaires ont réussi à en récupérer. Régulièrement, des ventes aux enchères le mettent en avant. En décembre 2015, chez Artcurial, un fauteuil Cross easy chair a ainsi atteint le prix de 10 400 euros.

Loin des prix des originaux, Phantomhands propose une quinzaine de pièces dont la Cross easy chair (890 dollars). Pour Deepak Srinath et Aparna Rao, à l’origine de ce site, l’objectif était de remettre à l’honneur les artisans indiens et notamment ceux travaillant le bois. En 2013, le couple a ainsi mis en place un réseau d’artisans oeuvrant dans tout le pays. Piochant dans l’histoire du style indien, ils ont opté pour l’iconique mobilier de Chandigarh et on lancé la collection éponyme en mai 2015.

Les quelques modèles retenus sont donc réalisés dans des ateliers d’artisans indiens. Ils sont fabriqués à la main avec du bois local (teck ou bois de rose). Enfin, la production s’appuie sur les dessins de Jeanneret tout en laissant une liberté d’éxécution aux artisans (dans les années 1950, il y avait tellement de pièces à réaliser notamment pour les bâtiments officiels de la nouvelle cité, que Jeanneret avait déjà mis en place ce principe de fabrication avec les artisans du Pendjab).

En deux à trois semaines, la pièce est livrée en Europe (informez-vous des coûts de transport qui doublent pratiquement la facture). Et voilà que la folle aventure de la Chandigarh se poursuit dans votre salon…

 

Faites-vous des films

cinema-paradiso_films-that-visit-movie-theaterLe Showeb a lieu deux fois par an. Créé par le Film français, il a pour but de présenter et notamment aux médias web, les sorties de film des six mois à venir voire de l’année prochaine. Producteurs et distributeurs exposent leur line-up, frise chronologique des films prévus dans l’année. Images inédites, invités spéciaux, avant-premières et surprises ponctuent cet événement.

Le dernier a eu lieu ce mardi 11 octobre. De nombreux journalistes et bloggeurs ont rempli la salle du Gaumont Marignan sur les Champs-Elysées. La matinée s’est déroulée sans téléphone portable – vous étiez priés de le laisser à la consigne. A partir de 10h30, c’est parti pour une journée de présentation, bandes-annonces ou trailer à l’appui.

Films à grand spectacle, thriller, animation, d’après une histoire vraie, documentaire… les genres se suivent, ne se ressemblent pas mais donnent à voir encore et encore. Et la surprise du jour qui demandait de la confidentialité : quelques minutes du prochain long métrage de Luc Besson, Valerian, avec notamment Cara Delavingne et Rihanna (je peux le dire puisque tout le monde le sait).

Pour ma première participation, j’avoue, je me suis rapidement sentie repue d’images et d’histoires. J’ai filé à 13h30 à l’heure où les participants reprenaient des forces (bagels et hot dogs étaient au menu) pour un après-midi encore bien remplie.

Parmi les films présentés par Disney, 20th Century Fox, Paramount, Europacorp, Jour de fête et Epicentre films, voilà ceux qui ont retenu mon attention et pourraient constituer ma line-up perso :

Dr Strange chez Disney / Marvel / Sortie le 26 octobre 2016
De neurochirurgien à maître des arts mystiques, Dr Strange est interprété par Benedict Cumberbatch. Tilda Swinton est là pour lui ouvrir les yeux de la perception. Des effets spéciaux très efficaces vous donnent envie d’en voir plus de 10 minutes !

Les Figures de l’ombre / 20th Century Fox / 1er février 2017
L’histoire vraie de trois scientifiques afro-américaines qui travaillent à la Nasa à une époque où être une femme noire conduit le plus souvent à rester à la maison.

Fences / Paramount / 22 février 2017
C’est un film de et avec Denzel Washington adapté d’un livre ayant remporté le prix Pulitzer et déjà mis en scène pour le théâtre. La bande-annonce est une réponse coup de poing d’un père à son fils qui lui demande : Pourquoi tu ne m’aimes pas ?

Curieuse aussi de découvrir le deuxième volet tarantinesque des Gardiens de la galaxie (26 avril 2017), L’Attrape-rêves (26 octobre 2016) avec la splendide Jennifer Connely et The Boss baby (12 avril 2017), film d’animation où un bébé se prend un peu pour Donald Trump.

 

 

Eight Days A Week : Les Beatles vus par Ron Howard

eightdaysaweek-beatlesLe 15 septembre 2016 dans les cinémas et pour une unique séance à 20h sera présentée Eight Days A Week, The Touring Years, le documentaire de Ron Howard sur les Beatles. A réserver rapidement.

Un énième documentaire sur les Beatles ? Oui sans doute et Ed Sullivan est aussi de la partie et en couleurs – le fameux présentateur fut le premier à recevoir les Beatles sur un plateau de télévision US avec plus de 73 millions de spectateurs devant leur poste.
Pour ce film, c’est Ron Howard qui s’y colle avec des images rarement vues et un propos inédit : comment survivre à la Beatlemania quand on est un Beatles.

Des caves de Liverpool aux stades américains, le documentaire trace la fulgurante trajectoire des quatre Anglais vers les tops de la pop. Conduits par l’élégant Brian Epstein, les Beatles ont tout pour réussir : il sont jeunes et intrépides, ont de la répartie et écrivent tube sur tube. La Beatlemania prend toute son ampleur en 1963 et leur arrivée aux Etats-Unis en marque le paroxysme.

Après trois ans rythmés par des mois sur la route, des hordes de fans hurlantes, des hits à sortir tous les trois mois et des albums tous les six mois, le ras-le-bol général des membres du groupe se fait sentir. Sur scène, les Beatles ne s’entendent littéralement plus. Avec les cris du public et des sonos pas du tout adaptées à la taille des stades – Vox a fabriqué des amplis de 100 watts largement insuffisants, Ringo Starr confesse qu’il passe certains concerts à regarder les fesses de John Lennon pour savoir s’il est encore dans le rythme. A la fin du documentaire, 30 minutes du célèbre concert du Shea Stadium de New York sont diffusées. Avec des images restaurées et un son remastérisé, ceux qui étaient présents au concert pourront finalement l’écouter vraiment, les autres découvriront la performance des Beatles en live.

Après un live à San Francisco en 1966, ils décident finalement d’arrêter la scène. Leur envie : se retrouver suffisamment longtemps en studio pour composer. Dès 1967, cette fructueuse retraite donne Sgt Pepper’s Hearts Club Band et une nouvelle période musicale qui débute pour le groupe. Mais plus de concert.

Du Pop sur le Net – Semaine du 13 juin 2016

musée_IKEACette semaine, le musée Ikea, les 500 meilleures chansons, des polices de caractère et marcher sur l’eau avec Christo.

Le musée Ikea
Installé à Älmhult, ville de fondation de l’entreprise, le nouveau musée Ikea gagne en ampleur et ouvre au grand public dès le 30 juin. Si vous êtes de passage en Suède… A voir ici le reportage de Marie-Claire Maison.

Google Fonts
Des centaines de polices de caractère à essayer, comparer et finalement choisir pour vos réalisations Internet. Google Fonts a été remanié et même si vous n’en avez pas l’utilité, le site est fascinant pour les fous de typographie.
A voir ici l’article du Siècle digital.

Les 500 meilleures chansons de tous les temps
Auriez-vous classé Smells like teen spirit en 1re position de ce top 500 des meilleurs titres ? Les British de NME l’ont fait. Ici la suite du classement.

Marcher sur l’eau
Christo emballe tout le monde avec son nouveau projet. A lire et voir dans cet article de Télérama.

Du Pop sur le Net – Semaine du 6 juin 2016

imageCette semaine, une petit tour au dessus des plus belles terrasses de New York, le témoignage de cinéma d’Antoine Sire, la couleur la plus moche, Obama, Fallon and the Roots.

Private rooftops
Time Out nous emmène poser un oeil indiscret sur les plus beaux rooftops de New York à la fois salle à manger, jardins, solarium et même aire de jeux pour enfants… A voir les photos sur le site de Time Out.

Témoignage de cinéma
Antoine Sire qui a joué le fils de Jean-Louis Trintignant dans Un homme et une femme de Claude Lelouch explique comment cette expérience l’a marqué tout au long de sa vie.
A lire sur Slate.

La couleur la plus moche
Son nom : Opaque couché. Suite à une étude, elle a été désignée la couleur la plus repoussante. Elle servira à colorer les paquets de cigarettes australiens.
A découvrir l’article de La Réclame.

Obama, Fallon and the Roots
Vous n’y échapperez pas et tant mieux.
A voir sur Konbini.

Photographie : Courtesy Peter Massini

 

Du Pop sur le Net – Semaine du 30 mai 2016

Vitrine papier colléCette semaine, de la décoration de vitrine en 1918, un zouave, un poignard extraterrestre et du cinéma d’auteur en VOD.

Pimp ta vitrine
Repérées par @loouisfernandez sur Twitter, ces photographies de vitrines parisiennes recouvertes de bandes de papiers collés (pour éviter les chutes de verre lors des bombardements) montrent la créativité même en temps de guerre.
Ici sur le site du musée Albert-Kahn.

La personnalité de la semaine
Il se met à l’eau pour les Parisiens. Souvent scruté mais finalement peu connu, le zouave est vraiment la personnalité de la semaine en cette période de crue.
A lire sur le site du Figaro.

Le poignard en météorite
Plus de 3 000 ans pour ce poignard de Toutankhamon exécuté à partir de matière extraterrestre.
A lire sur le site de 20 Minutes.

Cinéma d’auteur en VOD
En panne d’idée de film à voir ou à revoir ? Cinetek, imaginé notamment par Cédric Klapisch, demande aux réalisateurs de dresser leur top 50 cinématographique et met les films à la disposition des internautes (quand cela est possible) à la location (3 à 4 euros) ou vente (8 à 10 euros). Universciné, sur le même modèle, propose 4 000 films du cinéma indépendant contemporain.
http://www.lacinetek.com/fr/
http://www.universcine.com/

François Kollar : photographe à la chaîne

C’est un ouvrier François Kollar. Tourneur sur métaux chez Renault en arrivant de Hongrie en 1924, il est chef de studio chez l’imprimeur Draeger, quelques années plus tard. Et c’est un travailleur de l’image. Après Draeger, réputé pour la qualité de ses impressions publicitaires, Kollar ouvre son propre studio.

KollarHermesLa petite mais première rétrospective que présente le Jeu de Paume souligne cette force de travail de Kollar. Artistiquement, celui-ci a intégré tout le lexique de la Nouvelle vision : obliques, plongée et contre-plongée, sujet décentré… Il multiplie les collaborations avec des journaux, des agences de publicités et des marques de luxe. Avec notamment cette publicité pour machine à écrire Hermès, 1930, où le cadrage serré et en oblique révèle le produit en toute simplicité. Une plume posée sur une touche vante sans doute la facilité d’utilisation de la machine tout en intégrant un motif inattendu dans l’image.

pêche kollarLa partie centrale de l’exposition fait une large place à La France travaille, série de fascicules présentant les grands domaines d’activité français. Les photographies de Kollar, réalisées en nombre, illustrent ces cahiers. Agriculture, pêche, mine, sidérurgie, aviation, artisanat, construction nautique, ferroviaire, imprimerie… Kollar réalise une documentation en images de la France des années 1930 en pleine mutation. L’agriculture et la pêche ne se transforment pas encore beaucoup dans leur pratique. Cette femme de pêcheur sardinier breton ramendant les filets bleus (Audierne, Finistère, 1931) pourrait être un portrait de Vermeer. Le trou du filet créé une rupture dans l’image qui apporte de la modernité et une certaine poésie.

Archives François Kollar. La France travaille. Empilage des tôles géantes, LongwyL’industrie est, quant à elle, en plein boum. L’homme face à la machine est d’une photogénie sans limite. Si Kollar réalise de nombreux clichés de ces usines gigantesques et impressionnantes, il met les ouvriers au coeur de sa pratique, les montrant en train de travailler. Et aussi parfois, dans un moment d’arrêt où un rayon de soleil amène de la douceur, une envie de sourire comme sur cette photographie d’empilage des tôles géantes, Mont-Saint-Martin, Société des aciéries de Longwy, 1931-1934. Pour Kollar, ce travail documentaire se poursuit dans les années 1950 en Afrique. Pour l’Etat français, il photographie les constructions d’infrastructures au Burkina Faso, en Côte-d’Ivoire, au Mali et au Sénégal.

Nouvelle vision, travail documentaire, François Kollar, à travers ses différentes pratiques et sa sensibilité, inscrit également son médium, l’appareil photographique, dans la modernité où l’image prend une place prépondérante.

Illustrations :
Publicité pour machine à écrire Hermès, 1930, tirage d‘époque, 30,1 x 23,7 cm, donation François Kollar, Médiathèque de l‘architecture et du patrimoine, Charenton-le-Pont.
-Femme de pêcheur sardinier breton ramendant les filets bleus. Audierne (Finistère). 1931. Paris, Bibliothèque Forney. © François Kollar / Bibliothèque Forney / Roger-Viollet
-Empilage des tôles géantes. Mont-Saint-Martin (Meurthe-et-Moselle 54). Société des Aciéries de Longwy. 1931-1934. Paris, Bibliothèque Forney. © François Kollar / Bibliothèque Forney / Roger-Viollet

François Kollar, un ouvrier du regard, Jeu de Paume, 9 février au 22 mai 2016.

Cinéma en avant première : En mai fais ce qu’il te plaît

EN+MAI+FAIS+CE+QU+IL+TE+PLAIT+3Mai 1940, les habitants d’un village du nord de la France partent sur la route pour échapper à l’arrivée imminente des Allemands, destination Dieppe. Parmi eux, se trouve un enfant allemand dont le père anti-nazi été emprisonné à Arras.

Avec ce film, Christian Carion (Joyeux Noël, Une hirondelle a fait le printemps) nous plonge dans un épisode de la Seconde Guerre mondiale peu relaté et qui a pourtant concerné huit millions de Français. Demandez dans vos familles, vous aurez des grands-parents prêts à vous raconter leur histoire d’exode.

Ce sont ces histoires que le film met en avant : les gens bringuebalés sur les routes avec voitures et chevaux tirant ce qui a pu être emporté, les séparations, la peur, les menaces bien réelles et dans le pire des cas, la mort.

Christian Carion a voulu filmer cette histoire (celle de sa mère) comme un western et c’est donc logiquement qu’Ennio Morricone signe la bande originale. Des images composées comme des tableaux, une musique de maestro, des situations poignantes, des acteurs solides et justes sont les éléments d’un beau succès populaire à venir.

Sortie le 4 novembre 2015